The Legend of Zelda : Tri Force Heroes se démarque des autres épisodes de la licence dès le départ, via son scénario. Ne vous attendez en effet pas à entendre parler du Royaume d'Hyrule, de la princesse Zelda ou du vil Ganondorf. Ici, l'aventure prend place dans le Royaume d'Estoffe où le plus grand maître n'est pas le roi, mais la mode. En effet, les habitants font tous extrêmement attention à leurs tenues, et ce en toutes occasions. De quoi rendre leur princesse fière, puisqu'elle aussi suit scrupuleusement les dernières tendances. Mais ça, c'était avant qu'une terrible sorcière jette un maléfice à la douce princesse Mousseline, qui se retrouve du jour au lendemain affublée d'un horrible collant lui recouvrant le corps. Et, bien entendu, il est impossible à enlever (le contraire aurait été étonnant). Le roi a donc lancé un appel au secours : si vous vous sentez l'âme d'un héros et que vous ressemblez à un héros (oreilles pointues, rouflaquettes...), alors vous êtes mandatés pour vous rendre dans les contrées maudites histoire d'aller terrasser la sorcière et tenter d'annuler son sortilège.
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C'est là qu'entre en scène un second élément inhabituel pour la série : les tenues. Vous pensiez partir à l'aventure avec votre habituelle tenue de héros verte (ou bleue ou rouge si vous possédez celle d'un Zora ou d'un Goron, diront les plus chipoteurs) ? Que nenni ! On ne vous a pas déjà dit que les vêtements prenaient une importance capitale au royaume d'Estoffe ? Les aventuriers n'échappent évidemment pas à la règle et le héros a donc la possibilité de se rendre chez la couturière en chef afin qu'elle lui tricote des tenues aussi originales qu'utiles : celle-ci permet de nager tranquillou dans la lave, celle-là fait apparaître plus de cœurs sur la map, cette autre renforce l'effet des armes secondaires... Bref, il y a du choix et tout ce petit monde rend l'aventure un peu plus aisée, même si le joueur peut aussi faire l'aventure avec sa tenue de base. En revanche, ces habits ne sortent évidemment pas de nulle part et il faut apporter les matériaux nécessaires à leur création. Ceux-ci se trouvent dans les niveaux ou sont mis en vente par le marchand du coin.

Et cette aventure, on y va comme ça, sans rien ? Mais non pauvre fou ! Vous n'avez donc rien appris ? Dans un
Zelda, le héros est toujours équipé de deux éléments : son épée et des armes secondaires. Hé bien dans cet épisode... Non, ok, cette fois, ça ne change pas. Quoi que. La structure de ce
The Legend of Zelda : Tri Force Heroes est telle que l'acquisition des objets ne se fait pas de la même manière. En effet, le joueur ne parcourt pas le monde, mais uniquement des niveaux différents (adieu l'exploration et la grande quête épique...) plus ou moins inspirés. Les contrées maudites comptent plusieurs zones, divisées en quatre donjons, divisés eux-mêmes en quatre étages, avec également quelques boss. Forcément, il était plus logique que les items soient servis sur un plateau (littéralement) dès le début du donjon et qu'ils ne servent que dans ce donjon. Et ceux-ci peuvent se montrer classiques ou plus exotiques : les traditionnels arcs, bombes et autres boomerangs côtoient donc les gants de glace et autres « souffleurs » de vent. De quoi bien appréhender les donjons et résoudre les nombreuses énigmes, que l'on joue à trois ou... à trois.
It's dangerous to go alone !
Car, vous le savez déjà,
The Legend of Zelda : Tri Force Heroes est clairement orienté vers le multijoueur. Et ce même si vous décidez de jouer en solo. En effet, tous les niveaux doivent être parcourus à trois, ni plus ni moins. Aussi, les joueurs qui n'ont pas d'amis avec qui partager l'aventure ont droit à deux « pantins », qui sont en fait des sosies du héros. Pour jouer avec, rien de plus simple : il suffit de switcher via l'écran tactile. Ce que le joueur fait en permanence pour par exemple empiler les personnages histoire de faire un totem et atteindre des endroits autrement inaccessibles (ce qui permet de mettre à profit la 3D de la console, histoire de bien appréhender les différents plans), ou pour varier dans l'utilisation des armes secondaires. Car si en début de partie les donjons proposent le même objet pour tous (l'arc, les bombes, etc), le tout se diversifie rapidement histoire de corser le tout (deux arc et un boomerang ou un boomerang, un arc et des bombes, par exemple), et les nombreux boss n'échappent pas à cette règle.

Autant dire que les méninges chaufferont, d'autant plus que, sous ses airs mignonnets identiques à ceux de
A Link Between Worlds, cet opus 3DS propose un challenge plus corsé que les autres épisodes de la licence. Pas de panique toutefois si vous ne parvenez pas à résoudre une énigme : chaque donjon propose trois fées, sachant qu'une fée permet de passer un étage. Attention toutefois, car chaque fée utilisée réduira les récompenses de fin de donjon et, surtout, elles se montrent fort utile pour ressusciter tout le monde. Et lorsque l'on sait que les trois héros partagent la même barre de vie (les pantins sont insensibles aux coups mais perdent un cœur en cas de chute)... Il y a de quoi réfléchir pour justement doser son utilisation de ces précieuses fées. Ce qui est dommage, en revanche, c'est que si le joueur décide de passer un étage, il ne verra pas la résolution de l'énigme et restera sur une frustration.
L'union fait la triforce
Mais tout l'intérêt du jeu, vous l'aurez compris, c'est évidemment son aspect multijoueur, d'autant plus que le solo se montre finalement assez générique. Comme dit précédemment, on peut jouer à trois, et uniquement à trois. Pour ce faire, il existe deux manières : le jeu en local et le jeu en ligne. Pour le premier,
Nintendo a eu une idée plutôt sympa, à savoir donner la possibilité de jouer en trio avec une seule cartouche. Il n'est donc nullement besoin d'être en possession de deux amis possédant eux-mêmes le titre, ce qui est toujours appréciable. Quant aux multi en ligne, il est pour l'heure impossible de savoir comment se comporteront les serveurs et s'il sera difficile de trouver d'autres joueurs. Toutefois, nous avons pu noter pendant nos sessions des ralentissements assez fréquents et surtout assez importants, espérons donc que
Big N s'occupe rapidement du problème. Ce que l'on sait, également, c'est que le challenge à trois se corse encore un peu plus, la faute à l'absence de chat vocal. Alors, certes, des icônes permettant de donner des ordres ou de dire ce que l'on fait sont de la partie (par ici, j'ai trouvé un objet, formons un totem, etc), mais ce n'est pas toujours suffisant pour que les trois joueurs se coordonnent parfaitement. Gare aux arraches de cheveux, donc.

D'un autre côté, l'absence de chat vocal rend les parties bien plus drôles qu'en solo. En effet, on ne peut pas parler aux autres joueurs : il faut alors trouver un autre moyen de les guider lorsqu'ils ne savent pas quoi faire. Par exemple, durant l'une de nos parties, le joueur doté de l'arc ne comprenait pas qu'il fallait tirer à travers un feu pour allumer une torche située plus loin. Nous nous sommes donc placés à côté de lui, avons appuyé sur l'icône « Objet » puis sommes allés tourner en rond autour du feu... Et ce deux fois de suite. A-t-il compris notre charabia ou pas, en tout cas toujours est-il qu'il s'est ensuite empressé de faire ce qu'il devait. A un autre moment, le second joueur trouvant que le dernier était trop lent, est allé le porter pour l'embarquer avec lui... Bref, des situations cocasses comme celle-ci sont légion lorsque l'on joue en ligne, ce qui apporte un côté vraiment sympa, et l'on passe tout de même globalement un bon moment, même si l'on meurt souvent ou si les autres joueurs comprennent moins vite que nous comment résoudre les énigmes.