Ce
Castlevania est extrêmement difficile à noter. Vraiment. Vraiment vraiment. Avant toute chose, sachez que je suis un fan inconditionnel des anciens ET du reboot de la série. Je ne vous bassinerai donc pas avec le remaniement de la saga en jouant le puriste ; je n’oublierai pas non plus de citer les clins d’œil à « l’ancienne » série présents dans ce nouvel opus, ou de simplement oublier 20 ans d’anciens
Castlevania au profit des nouveaux. En bref, je vais tenter d’etre parfaitement neutre en tant que testeur d’une licence avec autant de passif qu’est
Castlevania.
Le premier
Lords of Shadow était un bon jeu ; mais pas excellent. Pas mauvais non plus, mais pas de quoi crier au génie ; reprenant ça et là ce qui a élevé certains jeux au rang de hits en puissance et ou / de nouveaux classiques de gameplay et de mécaniques de jeu
(Onimusha, God of War, Shadow of the Colossus …),
Lords of Shadow picorait allègrement dans des recettes ayant déjà fait leur preuve, vous mixait ça à la sauce reboot
Castlevania, et vous proposait une expérience de jeu satisfaisante. Un bon divertissement. Mais là où
LoS tirait son éplingle du jeu, c’était incontestablement pour sa fin ; Le twist scénaristique final, bien que pas si imprévisible que ça avec du recul (Comment rendre un nouveau
Castlevania intéressant ? Faites jouer Dracula, paf), donnait une toute autre dimension à LoS. Et surtout laissait présager du meilleur quant à sa suite ! Contrôler Dracula, ou plutôt Gabriel, bonne poire du Destin et de Dieu en personne … Le jeu gagnait subitement en profondeur, et ce qui n’avait été qu’un jeu d’action somme toute attrayant mais sans plus, gagnait ses galons d’epicness en moins de 3 minutes de cutscenes.
Et nous arrivons maintenant à
LoS2 ; galvanisé par une promesse de scénario grandiose, d’apparition de personnages mythiques pour les fans de la première heure (Alucard, peut être quelques autres Belmont ?..), et d’une démo somme toute attirante, tout laisse penser que le prochain bébé de
Konami est bien parti pour tout exploser sur son passage.
Oui mais …
Vous allez sans doute voir pas mal de tests encensant
LoS2, et c’est tant mieux. Il y a du travail derrière ce jeu, et le souligner est mérité. Ca, ce sont les gentils flics du jeu vidéo. Moi, j’ai choisi d’être le mauvais. D’aborder la chose sous un angle un peu négatif, mais pas trop. Car les attentes sur ce jeu étaient tellement énormes et la réalité tellement moins à la hauteur, que quelqu’un se doit de mettre aussi ces points en exergue.
Scénario
Le problème en jetant des bases aussi énormes à la fin du premier opus, et en laissant présager le meilleur pendant les 2 premières heures de jeu de
LoS 2, c’est de tenir la cadence, d’être à la hauteur de ce que l’on promet. Voyez
Lost ; une série qui a captivé énormément de gens au début, pour finir par s’écraser lamentablement d’elle même à la fin, parce qu’elle avait vu trop grand, trop compliqué. Qu’elle s’était envolée vers les cîmes de l’excellence et s’était brûlée les ailes à trop vouloir en faire. Ici c’est un peu pareil. La promesse de profondeur engrangée par le début de
LoS 2 et la fin de
LoS … ne trouve simplement pas son chemin. Et pourtant, il y avait tant à faire et tant à dire. Mais non, on se retrouve dans des raccourcis un peu dérangeants, dans des affrontements entre entités maléfiques vite expédiées et sans profondeur, des retrouvailles sans relief. Quel dommage, quelle frustration. Les éléments du puzzle sont pourtant là, il suffirait de les assembler correctement pour que la trame scénaristique devienne incontestablement grandiose ! Mais la magie ne prend pas ; on continue l’histoire espérant un coup de fouet, un revirement soudain, un éclair de génie scénaristique, une claque dans la gueule quoi ! Mais mis à part la cutscene de début de l’affrontement entre le « protégé de Dieu » (présentons le ainsi) et Gabriel, rien ne fait décoller le scénario à la hauteur de ce qu’il mérite. Certains personnages importants apparaissent puis disparaissent aussi vite qu’ils sont arrivés, leur profondeur n’étant qu’esquissés dans le menu pause du jeu, avec tout au plus 5 lignes concernant leur passé .. Quel dommage. Manque de temps, manque d’envie, manque de génie ? La formule était pourtant là, prête à exploser au visage ! Mais rien n’y fait, on parcourt ce
Castlevania Lords of Shadow 2 sans jamais recevoir la claque que nous attendons, sans jamais entrapercevoir l’epicness promise, sans jamais monter au plafond scénaristiquement parlant. C’est assez fade, sans surprise, linéaire, et c’est vraiment, vraiment décevant pour nous, joueurs.
Expérience de jeu
En un mot ? Inégale. Le voyage qu’offre
LoS 2 laisse un goût d’inachevé ; si certains moment sauront nous régaler, tant au niveau de la direction artistique (de bien meilleure qualité dans le « monde de Dracula » que dans le monde contemporain) que du bestiaire affronté et situations rencontrées, d’autres sont clairements dispensables. On pense notemment aux phases d’infiltration dans le monde d'aujourd'hui, qui bien que sympathiques au début du jeu (vous transformer en rat pour passer d’un point A à un point B, prendre le contrôle d’un méchant pour le diriger vers un scanner rétinien), deviendront très vite saoûlantes vu qu’elles se ressemblent toutes. Pendant tout le jeu, vous aurez tout le temps la même chose à faire. Dans des salles au design similaires, vous devrez à chaque fois vous transformer en rat, passer les gardes, vous infiltrer derrière eux, prendre le contrôle de l’un d’eux, passer avec le scanner. Tout-le-temps. Ce qui rend non seulement la phase de jeu ultra répétitive mais extrêmement ennuyeuse ; à peine arrivée dans la salle, on soupire d’avance en se revoyant refaire toujours les mêmes gestes et appliquant toujours la même logique de jeu. Aucun plaisir là dedans, et c’est bien dommage.
Les combats contre les boss ont également malheureusement perdu de leur superbe ; on sent la volonté de rendre les combats épiques lors des scènes de QTE, permettant des chorégraphies vertigineuses, mais rien n’y fait. C’est vu et revu, les ennemis n’ont pas d’envergure ni de profondeur, et leur exploser la tronche ne fait ni chaud ni froid. Eliminé, paf, on passe à autre chose et on oublie instantanément de qui il s’agissait.

Tout n’est cependant pas à jeter : Il y a bien quelque scènes agréables, notemment lorsque vous redécouvrez les pouvoirs de Dracula, et notamment le pouvoir de brume ; celui ci, lorsqu’il est activé, permet de se disperser en un nuage brumeux et ainsi éviter les coups de l’adversaire. Avec le bon timing, les affrontements gagnent en style et l’impression de toute puissance est un peu réhaussée. Et honnêtement, j’essaie de me rappeler un autre moment particulièrement marquant du jeu, mais je n’en trouve pas. Le tout passe, et on attend un coup de fouet du scénario, une explication renversante, quelque chose qui vienne épicer la trame. Et mis à part un léger twist intervenant à la fin du jeu, rien ne vient rattraper la monotonie des affrontements.
Ressenti
Sans vous spoiler, sachez que vous attendez sûrement une formule équivalente à celle du premier opus, à savoir un renversement de situation, un énième plan de Zobek envers Dracula, un facteur inconnu s’ajoutant au tableau, quelque chose quoi. Il n’en est rien … Le jeu passe, les détails s’amoncèlent, les affrontement se succèdent, mais rien ne vient rehausser la chose. Une impression de monotonie s’installe au fur et à mesure ; on attend quelque chose, on ne sait pas trop quoi, on ne sait pas trop quand ; cette chose n’arrive jamais.