Tout commence plutôt mal dans
The Fall. En effet, l'être humain que le joueur devait incarner se retrouve gravement blessé et inconscient après un atterrissage en urgence sur une planète inconnue. C'est donc à l'intelligence artificielle présente dans sa combinaison de prendre le relais et de tenter de trouver une quelconque aide pour sauver la vie de son humain. Pour ce faire, cette I.A. devra faire face à moult énigmes et dangers, car l'astre n'est à priori pas peuplé par des formes de vie amicales. Mais voilà, progresser dans cette aventure impromptue ne se fera pas en toute liberté car le personnage doit se soumettre aux trois lois de la robotique d'Asimov : ne pas s'en prendre aux humains, obéir aux humains et se protéger sans pour autant enfreindre les deux autres règles. Autant dire que ça ne va pas être de tout repos car, si cela peut sembler anecdotique, ces trois lois régissent en fait quasiment tout le jeu.
Falling apart
En effet, l'I.A. doit s'y soumettre dans tout ce qu'elle entreprend. Cela se ressent tout particulièrement lors des dialogues (de difficiles choix moraux sont souvent de la partie) et, plus généralement, de la narration globale. Une narration qui fleure bon la S.F., la vraie, qui se montre maîtrisée de bout en bout et qui est réellement l'un des points forts de ce
The Fall. C'est un réel plaisir de découvrir petit à petit l'univers du titre ainsi que la planète qui est imposée au joueur. Un plaisir clairement renforcé par la direction artistique choisie par le studio
Over the Moon. Vous avez joué à
Limbo ? Alors vous voyez à quoi ressemble
The Fall. Le soft se présente donc sous la forme d'un scrolling horizontal extrêmement sombre – à l'exception de quelques touches de couleur et surtout du rouge, et il est donc bien difficile de discerner tout ce qui entoure le personnage principal, ou encore ce qui est représenté en arrière plan. Il est toutefois possible d'y voir un peu plus clair grâce au pistolet dont l'I.A. est équipée, celui-ci étant en effet doté d'une lampe-torche (ce qui fait cette fois-ci plus penser à
The Swapper). Bref, un parti pris qui a déjà fait ses preuves.
Comme dit précédemment,
The Fall est décidé à rendre hommage aux jeux d'aventure des années 80 / 90. Cela passe donc par un gameplay à la point'n'click des plus classique. Une fois un objet repéré grâce à la lampe-torche, il est possible d’interagir (via une interface peu intuitive) avec pour le récupérer et ensuite l'utiliser sur autre chose, sachant tout de même qu'un item utilisé ne sera plus disponible ensuite, difficile donc de se mêler les pinceaux. De nombreuses énigmes sont donc proposées et se montrent en règle générale plutôt logiques. Bien que l'on doive parfois faire des allers-retours ennuyeux, le tout reste cependant assez plaisant à résoudre et jamais trop compliqué, du moins pour les habitués du genre. Le seul problème qu'il serait possible de rencontrer serait de ne pas trouver un endroit avec lequel interagir puisqu'ils ne s'affichent que lorsque la lampe est pointée dessus. Petit à petit, l'I.A. acquiert de nouvelles compétences (camouflage optique, arme fonctionnelle...) et le tout peut être activé dans les menus du jeu qui se présentent sous une forme délicieusement old-school qui n'est pas sans rappeler les débuts de l'informatique.

The neverending adventure
En dehors d'une narration soignée et d'énigmes agréables à résoudre, les développeurs ont décidé d'inclure un peu d'action sous forme de gunfights. Si ces phases sont bien implantées et viennent varier les plaisirs, elles ne sont toutefois pas réussies à 100%, la faute à des animations un peu lentes et une maniabilité assez rigide. L'.I.A. met ainsi une poignée de secondes pour se mettre à couvert et encore plus de temps pour tirer, le pistolet se rechargeant qui plus est assez lentement. Heureusement, ces phases là n'occupent pas la majorité du titre et ne se montrent pas bien compliquées : elle ont simplement pour but de casser le rythme de temps à autres pour que le joueur ne se lasse pas. Les ennemis restent en effet souvent à distance respectable et les éventuels coups reçus doivent d'abord passer la barrière du bouclier (se rechargeant tout seul petit à petit, comme ce que peut faire un
Mass Effect) avant de réellement atteindre la barre de vie en elle-même. Bref, espérons qu'
Over the Moon saura corriger ces petits soucis pour les seconds et troisièmes épisodes de cette trilogie.
Dans la catégorie des problèmes de
The Fall à relever, on peut aussi noter la traduction française franchement plus que moyenne. S'il s'agissait uniquement de coquilles et autres maladresses sans conséquence, ce ne serait pas très grave, mais certaines traductions peuvent ici se montrer carrément pénalisantes pour le joueur qui ne comprend pas forcément toujours quoi faire et où le faire. Seule solution pour palier au problème : jouer en V.O., voire écouter attentivement les dialogues. La bande-son n'est pas plus convaincante (en dehors des doublages) puisque quasiment inexistante, alors que l'on aurait aimé des thèmes renforçant encore le côté étrange et mystérieux du lieu. Certes, rien de bien méchant, mais il est un peu frustrant de voir que les développeurs ne sont pas allés au bout, alors qu'ils ont tant soigné l'aspect graphique. Terminons enfin par la durée de vie, qui peut se montrer à la fois généreuse et frustrante. Généreuse pour les néophytes, qui resteront une bonne huitaine d'heures devant le soft, et frustrante pour les vieux baroudeurs des jeux d'aventure, qui y passeront pour leur part à peine cinq. Mais sachant que le tout est proposé pour 10 euros environ, le rapport quantité / qualité / prix reste quand même correct.
