La recette d'
Onimusha est simple : prendre des figures historiques japonaises et les mêler à des éléments fantastiques dans un jeu d'action/aventure avec des petites touches horrifiques. C'est ainsi que les deux premiers épisodes comptaient dans leurs castings Nobunaga, connu pour avoir unifié le Japon, et que dans le troisième épisode on pouvait retrouver Jean Reno connu pour avoir combattu Godzilla... Ok, pas sûr de celle-là...
Rebelote dans ce nouvel opus : le personnage principal n'est autre que Miyamoto Musashi, un épéiste légendaire ayant réellement existé et connu pour son invincibilité au combat. On peut aussi retrouver Minamoto no Yoshitsune, une figure majeure de l'histoire militaire japonaise. Onimusha est une célébration de la culture japonaise : tout au long de la série, Capcom s'est inspiré d'acteurs de films de samouraïs bien connus pour la modélisation des personnages. Cependant, la licence n'est en aucun cas historiquement réaliste et il est important de le rappeler.
Car oui, ici Musashi est un guerrier ayant choisi la voie du sabre. Il voyage pour combattre les épéistes du pays et c'est comme ça qu'on le rencontre pour la première fois alors qu'il défie un chef de clan. C'est de cette manière que nous sommes introduits au système de combat, et ici rien de spécial : une attaque rapide, une attaque lourde, une parade et une esquive. Il y a aussi une barre de posture qui, lorsqu'elle est vide, met l'adversaire dans une position de faiblesse qui permet de lui faire plus de dégâts. Le combat se passe bien, encore heureux vu que c'est un tutoriel. Mais à l'issue de cet affrontement, on peut voir quel type de personnage est Musashi, car évidemment même s'il a gagné son duel contre le maitre, les autres membres du clan ne sont pas d'humeur à le laisser partir en un seul morceau. Il prend donc la fuite en mettant une sacrée pagaille au passage.
C'est alors que Musashi rencontre Ganryu, un rival prêt à se battre, mais les deux hommes n'en auront pas l'occasion car ils succombent à l'attaque de Genmas, les ennemis du jeu : des monstres se rapprochant de zombies voulant manger de la chair humaine. Musashi meurt mais reçoit un gantelet aux portes de l'enfer, revient à la vie et c'est ici que le vrai gameplay commence. Le gantelet confère à notre personnage principal des pouvoirs. Il ne le rend pas seulement assez fort pour combattre les Genmas, il lui permet aussi d'aspirer des orbes qui apparaissent en blessant des ennemis et ayant différents effets selon leur couleur. Les rouges régénèrent la posture, les jaunes la vie et les bleus chargent l'arme Oni. Que sont les armes Oni ? Des armes spéciales que l'on trouve dans les niveaux et ayant des effets différents. Certaines peuvent être utilisées à volonté comme l'arc, tandis que d'autres doivent être chargées d'abord, comme les doubles lames qui génèrent des orbes jaunes.
Le cœur du gameplay d'Onimusha : Way of the Sword est simple : on va dans des niveaux où les Genmas ont pris le pas sur les humains, on avance en tuant les ennemis et en explorant. Parce que oui, le gantelet ne donne pas seulement des pouvoirs au combat, il donne aussi des capacités spéciales d'exploration. La vision Oni permet de voir ce que les hommes ordinaires ne peuvent pas voir. Dans le gameplay, on l'utilise pour voir ce qui bloque un chemin. Dans des scènes scriptées, on l'utilise pour voir des scènes du passé.
Chaque niveau comprend un boss qui peut être un épéiste ou un gros monstre pas content. Même si le style d'affrontement est différent, l'un étant un duel stratégique et l'autre de l'action pure, dans les deux cas il faudra adopter la bonne stratégie pour venir à bout du combat. Dans le cas contraire, la punition sera sévère. On peut aussi effectuer des missions dans Kyoto, ce qui donne une impression de liberté. Mais c'est seulement une impression, car en réalité le chemin est balisé et les missions consistent évidemment à éliminer des Genmas et à refermer des failles. Oui, on peut aussi refermer des failles des enfers avec le gantelet.
Like a dead Samouraï
Alors, que penser de ce nouvel Onimusha ? Le menu est plutôt appétissant, non ? Hé bien, comme d'habitude il faut nuancer. Le système de jeu est très classique et il n'y a vraiment rien de neuf ici. Cependant, ça ne veut pas dire que c'est mauvais. C'est classique, certes, mais c'est efficace et plutôt maitrisé. Les combats sont classiques, tout comme le level design vu et revu, mais ça a un coté réconfortant.
Onimusha : Way of the Sword pêche ailleurs. Tout d'abord techniquement. Il y a la possibilité de choisir entre un mode performance et un mode qualité, et nous avons joué en mode performance pour une expérience plus agréable et plus stable. Cependant, dans ce mode il y a un fossé assez choquant entre les cinématique et le gameplay, un fossé très visible pendant les transitions. Et on voit beaucoup de transitions, le jeu étant long à démarrer et ayant un début presque entièrement en cinématique pour les 30 premières minutes. Il faut aussi préciser qu'en dehors des cinématiques, le jeu n'est en général pas très beau. Néanmoins, la direction artistique cohérente rattrape le tout.
Le level design est classique et donc peu inspiré. Ce n'est certes pas mauvais, mais on a comme une impression de déjà-vu. Concernant le cœur du jeu, à savoir les combats, l'expérience dépend des opposants. Les combats contre les mobs ne sont pas très remarquables : ils sont une formalité bien connue de ce type de jeu, on avance et on tue. Il y a différents ennemis certes, mais ils ne poseront aucun problème. Contre les boss, le tout devient plus intéressant mais est rapidement gâché par des défauts que l'on ne peut pas ignorer. Tout d'abord, le timing de l'esquive est très serré et il en résultera parfois de la frustration donnant l'impression d'un manque de répondant. Une situation étonnante, sachant que le timing des parades est très généreux. Un contraste très déroutant et incompréhensible. Mais le gros défaut des combats de ce nouvel Onimusha est la caméra. Pendant les combats de boss, il lui arrive souvent de s'emballer, de ne pas suivre l'action correctement et donc d'ajouter une difficulté bien inutile au tout.
La deuxième partie d'Onimusha : Way of the Sword s'avère d'ailleurs assez difficile. Ce qui est normal puisque le jeu suit une courbe de progression, mais les problèmes indiqués précédemment font penser à une difficulté artificielle qui ternit l'expérience de jeu et aurait pu être évitée. Rassurez-vous cependant : si l'aventure devient insurmontable, il est possible de changer la difficulté à n'importe quel point de contrôle (hokura) et cela sans conséquence. Les points de contrôle sont très bien dispersés dans les niveaux, donc aucun risque d'être bloqué. Le jeu vous proposera même directement s'il sent que vous butez trop sur un ennemi.