Test : Monsters are Coming! Rock & Road - PC

Monsters are Coming! Rock & Road - PC
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À force de décliner la formule du Survivors-like à toutes les sauces, le genre semblait doucement tourner en rond. Et puis arrive Monsters are Coming! Rock & Road, avec une idée toute simple mais suffisamment maligne pour remettre un coup de clé dans le moteur : transformer la survie en fuite organisée, la base en ville roulante, et le chaos en stratégie permanente. Un pari risqué, mais largement payant.

Test effectué à partir d'une version PC

Le principe de Monsters are Coming! Rock & Road repose sur une évidence presque inquiétante : ici, il n’est jamais question de tenir une position. La seule option viable consiste à avancer. Toujours. La ville sur roues progresse lentement sur une route apocalyptique, poursuivie par des vagues de monstres de plus en plus agressives, pendant que le joueur incarne un héros chargé de défendre, réparer et optimiser cet étrange convoi. Très rapidement, le jeu pose ses bases : une vue en surplomb, des ennemis qui affluent par dizaines, puis par centaines, et un personnage capable de se déplacer librement autour de la ville. On tire, on esquive, on récolte de l’or et des ressources, le tout dans une boucle qui rappelle immédiatement les grands noms du genre. 

Pourtant, là où beaucoup se contentent d’empiler les ennemis jusqu’à l’absurde, Rock & Road introduit une contrainte permanente : la ville doit survivre autant que le héros. Cette double responsabilité change radicalement la lecture de l’action. Il ne s’agit plus seulement d’optimiser un build offensif, mais de réfléchir à l’architecture défensive, au placement des tours, à la gestion des réparations et à la priorité des améliorations. Chaque erreur se paie comptant, souvent quelques minutes plus tard, lorsque la pression devient trop forte.


Bâtir en roulant, réfléchir en courant

L’une des grandes forces du jeu réside dans son système de construction. Entre deux vagues, ou parfois en plein chaos, le joueur peut placer différentes structures sur la ville : tourelles automatiques, pièges, générateurs de ressources, modules de soutien. Chaque emplacement est précieux, et le choix de sacrifier un slot défensif pour une structure économique peut s’avérer aussi génial que catastrophique. Cette approche donne au jeu une vraie dimension stratégique, sans jamais casser le rythme. Tout se fait à la volée, dans l’urgence, avec cette sensation constante de manquer de temps. Le joueur doit apprendre à lire le terrain, anticiper les types d’ennemis à venir et adapter son dispositif en conséquence, parfois en quelques secondes à peine. 

La progression roguelite vient renforcer cette profondeur. Entre les runs, de nouveaux bâtiments, héros et améliorations permanentes se débloquent, offrant progressivement plus de latitude. Le sentiment de montée en puissance est réel, mais jamais gratuit. Chaque victoire est le fruit d’une meilleure compréhension des mécaniques, pas simplement d’un chiffre plus élevé.

Monster are Coming

Contrairement à d’autres titres du genre, Monsters are Coming! Rock & Road ne récompense pas uniquement la longévité. Avancer suffisamment loin sur la route, atteindre certains jalons, débloquer de nouvelles zones ou affronter des boss spécifiques demande une vraie prise de risque. Rester trop prudent mène souvent à une impasse, faute de ressources ou de puissance suffisante pour la suite. Cette philosophie donne au jeu une tension constante. Il faut accepter de s’exposer, quitter la relative sécurité de la ville pour aller chercher des ennemis plus loin, récolter davantage d’or, tout en sachant qu’un mauvais placement ou une vague mal gérée peut signer la fin du run. Le jeu n’hésite pas à punir l’excès de confiance, mais récompense clairement la prise d’initiative réfléchie. Les boss, justement, constituent des pics de difficulté bienvenus. Leur design impose souvent de revoir sa stratégie à la volée, de prioriser certaines cibles ou de repositionner en urgence des structures. Sans être d’une originalité folle, ils remplissent parfaitement leur rôle de test grandeur nature de la préparation du joueur.

Monsters are Coming

Quand la répétition devient presque un défaut

Si Rock & Road brille par son concept et sa boucle de gameplay, il n’échappe pas à certaines limites inhérentes à sa structure. Après plusieurs dizaines de runs, une forme de répétition visuelle commence à s’installer. Les environnements, bien que lisibles et cohérents, manquent de variété marquée. Les routes se ressemblent, les décors changent peu, et l’on aurait apprécié davantage de biomes ou d’événements contextuels pour casser la routine. Cette répétitivité est partiellement compensée par la diversité des builds possibles. Changer de héros, miser sur une ville ultra défensive ou au contraire très mobile, orienter son arsenal vers le contrôle de foule ou le burst pur permet de renouveler sensiblement l’expérience. Néanmoins, les joueurs les plus sensibles à l’aspect visuel pourraient ressentir une certaine lassitude sur le long terme. Autre point perfectible : l’équilibrage de la progression. Les premières heures sont extrêmement accrocheuses, mais certaines difficultés supérieures semblent presque inaccessibles sans un socle solide d’améliorations permanentes. Le jeu assume pleinement son côté exigeant, mais flirte parfois avec une rigidité qui peut décourager les moins patients.

Monsters are Coming

Sur le plan artistique, Monsters are Coming! Rock & Road fait le choix de l’efficacité plutôt que de l’exubérance. Les ennemis sont immédiatement identifiables, les projectiles lisibles, et l’interface ne surcharge jamais l’écran malgré la densité de l’action. La ville évolue visuellement au fil des améliorations, renforçant ce sentiment d’avoir bâti quelque chose de tangible, presque fragile. La bande-son, discrète mais énergique, accompagne parfaitement le rythme effréné des parties. Elle sait se faire oublier lorsque l’attention doit se porter sur la gestion, et revenir au premier plan lors des moments les plus tendus. Un travail solide, sans fausse note, qui soutient efficacement l’expérience sans chercher à voler la vedette.

Monsters are Coming

Deux pieds sur l’accélérateur, un œil sur la carte

Ce qui fait la réussite de Monsters are Coming! Rock & Road, c’est avant tout sa capacité à forcer le joueur à penser différemment. Ici, l’immobilisme est synonyme de mort. Chaque décision doit être prise en tenant compte du mouvement constant de la ville, de l’évolution de la menace et de la fragilité de l’ensemble. Le jeu trouve un équilibre particulièrement réussi entre action pure et réflexion tactique. Il ne demande pas une micro-gestion permanente, mais sanctionne l’improvisation totale. Cette exigence crée une satisfaction rare, celle d’avoir réellement mérité chaque succès, chaque kilomètre parcouru sur cette route infernale.

Monsters are Coming

Sans révolutionner le genre, Monsters are Coming! Rock & Road parvient à le revitaliser grâce à une idée centrale forte et parfaitement exploitée. Sa ville roulante, sa tension permanente et sa boucle de gameplay redoutablement efficace en font un excellent représentant du Survivors-like moderne. Malgré une certaine répétitivité et une difficulté parfois abrupte, l’expérience reste hautement addictive et gratifiante. Un titre malin, solide, et clairement au-dessus de la moyenne.
29 décembre 2025 à 12h24

Par

Points positifs

  • Concept de ville mobile particulièrement original
  • Excellente fusion entre action et stratégie
  • Boucle de gameplay très addictive
  • Progression gratifiante sur le long terme
  • Tension constante bien maîtrisée

Points négatifs

  • Variété visuelle limitée sur la durée
  • Difficulté parfois très exigeante
  • Certains choix stratégiques un peu évidents
  • Manque de biomes distincts
  • Courbe de progression inégale

Gribouillé par...

Lorris

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Fin limier du mot

Jean-Claude Van Damme au corps, Jean-Claude Dusse dans la tête. C'est parfois l'inverse.

Twitter : @Yolorris

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