Avec
Hot Wheels Infinite Rush,
Milestone opte pour un monde ouvert, donnant plus de liberté aux joueurs, mais perdant le jeu d’échelle particulier faisant une partie du charme des
Unleashed. Cela dit, ne vous attendez pas à une map immense à la
Forza Horizon non plus. À la manière d’un
Lego 2K Drive, le titre vous propose quatre îles de taille réduite, et il ne vous faudra guère plus d’une minute pour les traverser (à 250km/h de moyenne tout de même).
Ces maps ont toutes une thématique propre. L’une sera inspirée du Japon, tandis qu’une autre vous évoquera de grandes villes américaines, un désert ou la campagne. Si les développeurs ont délaissé les chambres, cuisines et autres lieux du quotidien pour leur nouvelle itération de la licence, ils n’ont pas oublié qu’ils traitent avec des jouets. Et cela se reflète sur les différentes zones du jeu. Ces dernières sont constituées d'éléments à “l’esthétique plastique” du plus bel effet ici, en plus des rampes typiques de la marque Hot Wheels. De plus, elles sont fantaisistes, comportant des gorilles géants, des dinosaures et autres mécha, ainsi que des architectures loufoques. Certaines sont également labyrinthiques à souhait, offrant de multiples recoins à explorer.
Hot Forza Wheels Infinite Horizon Rush
Pour sa structure de jeu, Milestone a opté pour une formule proche de ce que Playground Games propose dans Forza Horizon. Quitte à s’inspirer de quelqu’un, autant s’inspirer des meilleurs. Des événements sont dispersés sur les maps, les courses principales, se déroulant sur des circuits dédiés, se font avec une catégorie de voiture imposée (nous reviendrons sur ces dernières plus tard), et les challenges se complètent directement sur la carte, se lançant de façon totalement transparente, en passant un point de contrôle donné. Ces derniers sont de différents types, vous demandant par exemple d’effectuer un certain nombre de drifts sur un parcours imposé et dans un temps imparti. Mais le but peut aussi simplement être d’atteindre une vitesse ou un point donné, toujours en temps limité. Ces petits défis, très rapides, dynamisent efficacement l’exploration des maps.
Pour les courses principales, ce n’est pas aussi fluide. Tout d’abord parce que différentes épreuves sont disponibles, nécessitant un choix de votre part. Mais aussi parce que les circuits ne sont pas modélisés sur la carte, engendrant un temps de chargement. Ces derniers sont d’ailleurs étonnamment longs, au point où nous nous sommes demandés où était passé le SSD de notre PS5. Concernant les épreuves elles-mêmes, plusieurs types de challenges sont là aussi disponibles. Outre les classiques courses, contres-la-montre et épreuves de drift, le titre propose des courses à élimination directe (les derniers sont éliminés à intervalles réguliers jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un seul pilote) pas beaucoup plus originales, et les défis roues fatales consistant à faire le plus gros score possible en percutant des roues éparpillées sur la piste. Là aussi, ce n’est pas très original, bien que moins courant.
Certaines de ces épreuves vous permettent de gagner des “couronnes”. Quand vous en aurez accumulé assez, elles vous donneront accès à une épreuve “Rusher”. Vous y affronterez un adversaire unique sur un circuit plus long et piégeux que la moyenne pour remporter sa voiture, débloquer de nouvelles courses et recommencer. Chaque île a quatre Rushers à battre, ce qui représente pas loin d’une dizaine d’heures de jeu par zone.
Comme vous pouvez le voir, Infinite Rush ne brille pas par son originalité en termes de structure. Cela n’est cependant pas bien grave, car il trouve sa personnalité ailleurs : dans ses tracés. S’ils ne sont pas tous mémorables, la plupart sont spectaculaires, voire complètement fous. Ce n’est pas dans tous les jeux que l’on fait la course en évitant le souffle d’un dragon ou des boules de démolition. Sans parler du fait que vous ferez régulièrement la course la tête en bas, et toujours à des vitesses folles. Ces circuits constituent le sel du jeu, si bien que nous étions plus excités au déblocage d’un nouveau tracé qu’à l’obtention d’une nouvelle voiture.
Génération Majorette (oui, c’est mon coté provoc)
Parlons des voitures, justement. Étant les véritables stars du titre (le jeu est fait pour les mettre en valeur, après tout), elles ont bénéficié d’un soin tout particulier. Leur modélisation est impressionnante de fidélité. La texture des matériaux est palpable, nous permettant de différencier plastique et métal. C’est saisissant, et même leur emballage a été reproduit. En effet, dans le menu collection du jeu, vos petites voitures sont exposées dans leur écrin de carton et plastique. Notre seul reproche est que les quelques véhicules qui changeaient de couleur lorsqu’on les passait sous l’eau IRL ne changent pas de couleur ici. Mais c’est vraiment pour chipoter.
D’un point de vue gameplay, les voitures sont réparties dans quatre catégories : speeder, dérapeur, titan et universel. Les premières sont très rapides, au détriment de leur maniabilité. Les secondes sont idéales pour le drift, mais moins rapides. Les troisièmes sont les moins rapides, mais compensent en ayant un boost utilisable à foison. Et les dernières proposent un compromis, étant moyennes dans tous les domaines. En jeu, il est possible de switcher entre les différentes catégories à la volée, comme dans The Crew 2.
Chaque type de véhicule a donc une maniabilité propre qui varie légèrement entre différents modèles d’une même catégorie. Mais elles se différencient aussi par le fonctionnement de leur boost. Chez les speeder, plus vous roulez vite et plus la jauge de boost se recharge vite. Avec les dérapeurs, il faut déraper. Celle des titans se recharge automatiquement en continu. Pour les véhicules universels, la jauge, divisée en segments, se recharge lentement en continu, et déraper accélère le processus. Les courses étant basées sur votre gestion du boost, votre approche changera en fonction du type de véhicule que vous pilotez. Nous regrettons cependant l’absence de course inter-catégorie, même si nous comprenons les problématiques d’équilibrage que cela implique.
Un autre petit problème est que le jeu nous donne accès aux meilleures voitures de chaque catégorie bien trop tôt dans la campagne. De fait, le joueur n’est jamais poussé à changer de voiture, alternant constamment entre les quatre mêmes. Et c’est bien dommage, car les voitures disponibles sont nombreuses. Pour compenser un peu ça, le titre propose un système d’atouts similaire à celui des Unleashed. Ils donnent un bonus sur une statistique (vitesse, accélération ou maniabilité) ou une capacité passive, comme une immunité aux différents obstacles sur la piste. Chaque véhicule peut en équiper quatre, et s’ils ne changent pas radicalement le comportement des voitures, ils permettent de vous faciliter les choses dans certaines situations. Si bien qu’une fois une bonne partie des atouts débloqués, vous pourrez spécialiser vos bolides. Et ainsi avoir, par exemple, un titan pour les épreuves de drift et un autre pour les contres-la-montre en maximisant la statistique correspondante.
“Chacun sa route, chacun son chemin”
Infinite Rush intègre aussi un créateur de circuit. Celui-ci fonctionne par module : vous sélectionnez l’item désiré pour le placer sur votre piste. Les modules ne sont pas très nombreux, mais ils peuvent être étirés, inclinés et tordus dans tous les sens. Ce qui offre un champ des possibilités énorme, bien que nécessitant une certaine patience pour le maîtriser. Cela étant, si la communauté est au rendez-vous, il ne fait aucun doute que les créations des joueurs donneront lieu à quelques pépites, augmentant drastiquement la durée de vie. Et c’est sans parler du fait que l’éditeur permet aussi de gérer le comportement des IA sur nos créations, permettant de contrôler la trajectoire des pilotes IA ainsi que leur vitesse sur certaines portions. Cette fonctionnalité, utilisant aussi le système de modules, permet les courses solo et la gestion de la difficulté. Car suivant votre manière de placer vos modules IA, cette dernière sera plus ou moins agressive et rapide.