Replaçons le contexte. L’histoire commence à la fin du XVIIIe siècle en Louisiane. Aveline, qui a perdu sa mère lors d’une balade en ville étant petite, fait partie de l’ordre des Assassins. Trop D4Rk, comme dirait Super-Remi-KillEr77 du 15-18. Et effectivement, la demoiselle est douée dans ce qu’elle fait. Il faut dire qu’elle est plutôt bien gaulée, et s’amuse donc à séduire les vieux pervers bourrés pour mieux leur trancher la gorge avec sa lame secrète. Bref, c’est dans sa quête de combat contre les Templiers qu’Aveline sera menée à faire diverses découvertes sur la disparition de sa bien-aimée daronne, ainsi que sur la fameuse organisation. Tout un programme.
Esclave un jour, esclave pas toujours
Le truc, c’est qu’Aveline est black. Et pour un lieu qui se veut une colonie française en affront avec les espagnoles aux Etats-Unis, et à cette époque surtout, être noire, c’était pas le top. Disons que les mecs de l’époque pétaient un peu plus haut que leur cul en vous prenant constamment pour une esclave. Ce qui n’est pas totalement faux, puisque notre héroïne a l’atout de posséder plusieurs statuts : quand elle n’est pas habillée en captive (sa mère en était une), elle est fringuée en aristocrate (son père est un riche français plein d’oseille). Tout ça entre deux missions en habits d’Assassin. Cela donne effectivement jour à un tout nouveau système de gameplay : les tenues. Selon son habillement, Aveline a de nouvelles possibilités : par exemple, en esclave, elle peut s’infiltrer dans des zones interdites en faisant mine de porter des caisses de bananes. En aristocrate, elle peut séduire les gardes et les amener à un point A, mais ne peut se déplacer furtivement, faux-cul oblige. En tenue d’Assassin, toutes ses compétences d’agilité et de combat sont débloquées et elle peut alors faire la folle sur tous les toits de la cité entre deux têtes coupées.

Un système original et novateur dans la série, mais qui n’est malheureusement pas très utile. Déjà, le jeu nous oblige à les enfiler selon les missions, ce qui linéarise pas mal l’aventure. De plus, Aveline ne peut se changer que dans des cabines qui y sont dédiées, fermant alors les possibilités d’alterner entre différentes tenues dans un petit recoin sombre ou dans un buisson discret. C’est dommage, et ça perd bien de l’intérêt. D’ailleurs, le gameplay s’avère assez étrange. Non seulement les animations sont exactement les mêmes que dans les anciens épisodes, mais les combats sont à moitié daubés à cause d’un système de contre-attaque mal millimétré qui vous oblige presque à prédire le futur de la baston pour appuyer au bon moment sur le bouton. On note tout de même l’apparition de nouvelles armes sympathiques – la sarbacane en particulier – mais qui concernent surtout le combat à distance. La plupart du temps donc, on cherchera à s’éloigner des ennemis plutôt que d’aller leur maraver la gueule à coup de machette. Très dommage.

À mort les mysogynes
Graphiquement, le constat est assez impressionnant et prouve que la Vita en a définitivement dans le bide. C’est simple, on se retrouve avec un véritable jeu PS3 qui n’a rien à envier à d’autres productions. Si les détails sont tout de même un peu moins fins que les vrais
AC de la génération, le jeu a bénéficié d’un portage vraiment réussi. La déception vient surtout des animations, les mêmes, encore, toujours, et des quelques bugs de collision. L’IA, elle, s’avère en revanche encore plus stupide que d’habitude.
En fait, globalement, l’aventure n’est pas tip-top. La narration est terriblement ratée, composée d’ellipses énervantes et de dialogues clichés où des personnages peu attachants se lancent la parole. L’histoire, en fait, peine à intéresser. Pourtant, le lieu de la Nouvelle-Orléans change la donne avec des marais plutôt jolis, mais c’est bien là le seul atout, le reste relevant du pur classicisme… Ce n’est pas foncièrement mauvais, c’est juste méga bateau pour du
Assassin’s Creed. Disons que le pur intérêt de
Liberation, c’était bien le fait qu’il soit portable. Pouvoir jouer à un vrai
AC partout, dans le métro, aux chiottes ou dans l’espace, c’était quand même assez classe. Mais si l’on transpose la portabilité de l’opus sur des consoles de salon fixes, quel est alors l’intérêt ? On perd alors tout ce qui faisait le charme de la PS Vita et on ne voit plus que les gros défauts du jeu. Et il y en a un gros paquet.