Contrairement à
Unity,
Rogue ne se situe pas dans une nouvelle époque, mais se situe entre
Assassin's Creed IV : Black Flag et
Assassin's Creed III. En revanche, si les joueurs ne seront pas surpris de retourner aux Amériques de l'époque, ils le feront en compagnie d'un tout nouveau héros Assassin baptisé Shay Patrick Cormac. L'homme va toutefois rapidement changer de bord pour rallier les Templiers au vu des agissements des Assassins. Car, n'ayons pas peur des mots, ces derniers sont de véritables fils de péripatéticiennes dans cet épisode, n'hésitant pas à tuer des centaines de personnes, voire à carrément rayer des villes de la carte, rien que ça. Des actions en contradiction avec tout ce que les fans ont connu jusqu'à présent, donc. Ce qui aurait pu les dérouter si cela avait été traité en profondeur. Malheureusement, s'il se laisse suivre, le scénario ne décolle jamais réellement et les personnages ne viennent pas relever le niveau tant ils manquent de saveur. Dommage, car il y avait vraiment de quoi faire. Et cerise sur le gâteau, l'Histoire n'est jamais vraiment abordée : n'espérez donc pas devenir un point important de la Guerre de Sept Ans. Sauf si cela se limite à trucider des Anglais puis des Français, avec quelques meurtres d'Assassins – et donc des anciens alliés - entre temps.

Hisse et haut
Si
Rogue n'épate pas spécialement avec son scénario, ce n'est pas son gameplay qui remontera le niveau. Il n'est certes pas mauvais, puisqu'il reprend les bases posées par
Assassin's Creed III et peaufinées par
Black Flag, il n'invente simplement rien de plus. Et n'espérez pas que le fait d'incarner un Templier au lieu d'un Assassin change les choses : tout est identique, si ce n'est les vêtements. Shay possède donc des lames secrètes, se déplace et se bat exactement de la même manière que tous les héros de la série. Il a simplement des armes un peu plus cheatées, comme le lance-grenade (oui oui). C'est certes plutôt fun de tout faire péter, mais pour la discrétion on repassera. D'autant plus que des missions d'infiltration sont toujours de la partie, entre deux batailles navales, le cœur du jeu. En effet, comme dans
Black Flag, le joueur passe ici le plus clair de son temps à naviguer sur les mers, à pêcher de la baleine, à détruire des forts et à aborder d'autres navires pour en récupérer la cargaison. Ici, deux zones sont accessibles : l'Atlantique Nord et ses eaux glaciales dans lesquelles il ne vaut mieux pas trop nager sous peine de se transformer en glaçon, et la River Valley qui propose pour sa part de s'aventurer un peu plus dans les terres.

New York représente quant à elle la dernière zone, où il n'est pas question ici de bateaux mais bien de gameplay « à l'ancienne ». En se baladant dans la ville, Shay peut s'adonner à diverses activités. Synchroniser les points d'observation (comme toujours), rénover des bâtiments, prendre des camps adverses, attraper des chants pour l'équipage du bateau, s'améliorer dans les boutiques grâce aux produits de la chasse, récupérer des fragments d'Animus, trouver des coffres... Bref, rien de bien neuf non plus de ce côté-là. Tout juste pouvons nous noter l'apparition de rôdeurs : il s'agit d'ennemis bien cachés et n'hésitant pas à attaquer lorsque le héros leur passe sous le nez. Pour les repérer, il faut en premier lieu se repérer aux murmures, puis passer à la vision d'aigle. Cette dernière fait alors apparaître une sorte de radar, identique à celui présent dans les modes multijoueurs d'anciens épisodes, et de le suivre pour détecter les bougres avant qu'ils n'agissent. De quoi pimenter un peu les balades et les missions, certaines zones regorgeant de rôdeurs.

Oh mon bateauuuuuuu
Mais
Assassin's Creed, peu importe l'épisode, ce n'est pas simplement revivre les mémoires d'Assassins : c'est également s'échapper parfois de l'Animus pour se balader dans le présent. Ici, le joueur incarne un employé d'Abstergo qui, entre deux sessions, a pour but de réparer les serveurs endommagés par un virus lié aux mémoires de Shay. L'occasion de résoudre quelques petits casse-têtes pas franchement méchants, et surtout d'en apprendre plus sur le background de la série. On peut par exemple découvrir en détails les circonstances de recrutement de Desmond, mais également sur son prédécesseur. Les locaux d'Abstergo sont également l'occasion de lire les mails d'autres employés de la firme, avec des références sympathiques aux autres jeux de la série : Connor est-il suffisamment intéressant pour être le héros d'un épisode ? Devrions-nous faire une suite à
Libération ? Avons-nous assez approfondi le personnage du Roi de France ? Voilà en vrac le genre de choses qu'il est possible de trouver. Enfin, de nombreuses références made in
Ubisoft sont aussi présentes, avec par exemple des statuettes de différents Assassins, des jeux
Splinter Cell ou des magasines dont la couverture est squattée par
Far Cry 3. Des détails sympathiques relevant un peu l'intérêt des phases se situant dans le présent.
A ce stade, vous l'aurez compris :
Assassin's Creed : Rogue n'éblouit pas par son gameplay vu et revu, ni par son histoire qui aurait mérité un peu plus de boulot, et qui se montre par ailleurs plus courte que la moyenne (une petite dizaine d'heures à peine en ligne droite, et sans multi). Malheureusement, ce n'est pas non plus sa technique qui étonnera le joueur. Le moteur n'a pas été changé et, même si certains environnements se montrent plutôt jolis – notamment les belles couleurs des aurores boréales de l'Atlantique Nord, le tout reste générique, sans grande surprise. On retrouve à la fois les environnements naturels d'
Assassin's Creed III (forêts enneigées, petits ports de pêche, etc) et les vastes étendues maritimes de
Black Flag. De nombreux bugs sont aussi de la partie, avec par exemple des personnages qui n'apparaissent pas dans les vidéos, des phases de dialogues qui ne se lancent pas, des textures qui mettent du temps à s'afficher, l'I.A. aux fraises ou encore de violentes chutes de framerate. Bref, là encore, un peu de travail supplémentaire n'aurait pas été de trop.