C'est dans un contexte assez lourd que démarre ce
Final Fantasy : Type-0 HD, puisqu'il est question de guerre. Rubrum, état se servant de la magie grâce aux cristaux, se fait en effet envahir par Milites, un empire qui a pour sa part tout misé sur la technologie. Mais les affrontements sont loin d'être équitables, car Milites a développé un brouilleur de cristaux, empêchant donc leurs opposants d'avoir recours à la magie pour se défendre. Mais heureusement, il y a une lueur d'espoir dans ce monde de brutes : la Classe Zero de l'école (militaire) Akademeia, composée de quatorze jeunes hommes et femmes, est tout de même capable de se servir de la magie. De quoi donc permettre à Rubrum de faire face malgré tout. Précisons que le tout prend place dans la mythologie Fabula Nova Crystallis, les fans de Lighning ne seront donc pas perdus par certains éléments importants, comme par exemple les puissants l'Cie.
Rencontre du troisième type
Le joueur suit donc les aventures de cette classe spécifique, et il a la possibilité de contrôler les quatorze combattants comme bon lui semble. Chacun a des capacités et armes différentes, il y en a donc pour tous les goûts : le corps à corps (épée fouet, faux, katana...) ainsi que les attaques à distance (cartes, pistolets, arc...), avec un certain équilibre entre les différentes armes. Par exemple, une arme très puissante sera assez lente pour compenser, là où d'autres très rapides ne provoqueront que peu de dégâts. En plus de ce constat de base, chacun a la possibilité d'utiliser un sort d'attaque (feu, foudre, etc), un sort défensif (bouclier, soin, etc) et une attaque spéciale. Tout ceci nécessite en revanche d'utiliser des PM qui se régénèrent après chaque combat, tout comme les PV, ou bien en utilisant un objet spécifique. Action / RPG de son état, le titre offre en plus la possibilité d'esquiver via un bouton dédié, ce qui se montre particulièrement utile face à des ennemis rapides ou des pluies de projectiles.

Évidemment, les 14 personnages principaux ne combattent pas tous en même temps, l'équipe active étant limitée à trois étudiants. Le joueur n'en contrôle qu'un, et l'I.A. fait le reste du boulot, en s'en sortant la plupart du temps plutôt pas mal, en attaquant sans relâche et soignant quasiment instantanément le joueur lorsqu'il se trouve en difficulté. ''La plupart du temps'', car il arrive parfois que cette I.A. fasse grève, notamment contre des boss qu'elle se contente bien souvent de regarder en attendant que le personnage incarné par le joueur fasse tout le boulot. Ce qui peut se montrer délicat à gérer, d'autant plus lorsque l'on a droit à certains pics de difficulté assez robustes alors que l'on a enchaîné les troufions de base avec une main dans le dos deux secondes plus tôt. Heureusement, un combattant à terre peut rapidement être remplacé via un raccourci bien foutu, histoire de ne pas couper la nervosité des affrontements. Sachant que seuls les personnages actifs acquièrent de l'XP et donc montent de niveaux, il est fortement conseillé de les entraîner tous pour ne pas se retrouver largué après un instant kill – qui peut arriver même si l'on a quelques niveaux de plus que l'ennemi !

Le quatorzième guerrier
Concrètement,
Final Fantasy : Type-0 HD se divise en deux phases distinctes : les missions et le temps libre. Les missions servent à faire progresser l'histoire et se déroulent la plupart du temps dans des sortes de ''donjons''. Ces derniers sont extrêmement linéaires et prennent en fait la forme de salles en enfilade, remplies d'ennemis et se terminant par un boss, avec plusieurs points de sauvegarde disséminés ça et là sur le chemin. Ainsi, si la mort survient inopinément, le joueur n'aura pas tout le donjon à se retaper et, qui plus est, il lui est possible de se régénérer entièrement à côté de l'un de ces points de sauvegarde. Ces moments se révèlent être plutôt agréables à parcourir malgré leur linéarité tant les combats sont nerveux, jouissifs et que switcher entre les techniques de combat de chacun est un réel plaisir. Seuls quelques boss, inutilement difficiles, peuvent parfois venir ternir le tableau, tout comme des morts ''obligatoires'' puisque prévues dans le scénario.

Quant au temps libre il permet, comme son nom l'indique, de faire un peu ce que l'on veut. Mais attention, car il s'agit tout de même de rester dans le timing. En effet, un certain nombre de jours est accordé entre deux missions : le temps ne s'écoule pas seul mais seulement lorsque l'on accomplit une action (parler à un PNJ, explorer, combattre sur la mappemonde, réaliser des quêtes annexes, aller en cours...). Les plus impatients peuvent bien entendu enchaîner sur la mission suivante, mais il est plus que conseillé de profiter de ce temps accordé pour gagner de l'expérience, monter de niveau ou renforcer son équipement. Ou, pourquoi pas, aller à l'écurie de Chocobos pour jouer à l'apprenti sorcier et faire s'accoupler deux espèces différentes pour en créer une nouvelle (par exemple, un Chocobo soldat et un Chocobo de combat) ? Ou bien se rendre dans l'arène pour enchaîner les combats d’entraînement ? Bref, il y a tout de même de quoi faire.

Hé bah j'irai pas chez vous pour mon lifting !
Malheureusement, si
Final Fantasy : Type-0 HD propose des combats franchement agréables et une foultitude de choses à faire, il souffre également de pas mal de problèmes. Décisions étranges mises à part (ne pas pouvoir s'enfuir d'un combat, franchement ?), on peut noter par exemple le scénario qui peine à progresser en raison d'une mise en scène franchement datée et décousue en raison du rythme spécial imposé (mission / temps libre). Sur PSP, il était compréhensible d'opter pour des cutscenes s'enchaînant les unes après les autres sans réelles connexions entre elles... mais sur console de salon, ça l'est déjà beaucoup moins. Leur réalisation n'a en outre pas vraiment subi de lifting en profondeur puisque le tout est la plupart du temps en gros plan et centré sur la partie supérieure du corps des personnages qui restent en plus statiques. Et si en plus on rajoute le fait que les personnages, certes sympathiques, sont dans l'ensemble assez peu charismatiques et très peu travaillés, on obtient quelque chose de finalement pas extraordinaire. Et on ne va pas se mentir, cinématiques mises à part, la technique n'est pas franchement à la hauteur de la new gen, avec des graphismes vieillots, des textures baveuses, une mappemonde hideuse, des villes vides, des animations rigides, une caméra pas très au point et des temps de chargement récurrents. On apprécie en revanche l'ambiance sonore collant parfaitement bien à l'ambiance de guerre et les doublages japonais toujours justes.
