Lann et Reynn sont des jumeaux vivant aux Neuf-Fresnaies et ayant un point commun avec moult héros : ils ont perdu la mémoire. Ils ne savent donc pas qu'ils ont un pouvoir unique leur permettant de capturer des Myrages (des monstres, quoi) dans le monde de Grymoire. Un monde peuplé de Lilipuces, de petits personnages chibis trop mignons, qui ne manqueront pas de remarquer nos deux héros puisqu'ils sont pour leur part des Gigantus – comprenez par là des personnes de taille normale. Dans l'espoir de retrouver leur passé, et par la même occasion leur mère, Lann et Reynn vont donc parcourir ce monde alternatif tout en capturant le plus de Myrages possible histoire d'aider les autochtones à résister aux grands méchants de l'histoire. Bon, on ne va pas se mentir : l'histoire de ce
World of Final Fantasy ne vous tiendra pas en haleine, et ce n'est d'ailleurs certainement pas son but. Si elle se laisse certes suivre avec un certain plaisir, elle ne sert que de prétexte à l'aventure. Là où elle est balèze en revanche, c'est au niveau du fan service qu'elle balance à tout bout de champ. Et à ce niveau-là, on peut vous dire que les développeurs n'y sont pas allés avec le dos de la cuillère.
Choupi Fantasy
Car ce
World of Final Fantasy, comme son nom l'indique quand même un peu, est bourré d'éléments tirés de la célèbre série de
Square Enix, que ce soient des lieux, des monstres, des invocations ou des personnages. Les équipes de développement sont même allées jusqu'à reproduire des scènes à l'identique histoire de faire vibrer le cœur du fan, comme par exemple ''The Sending'' de Yuna dans
Final Fantasy X. Et, qui plus est, tout ce beau monde se mélange allègrement : attendez-vous donc par exemple à retrouver un personnage du
IX dans un environnement du
VII, et ainsi de suite. Les héros emblématiques peuvent même être introduits de manière ponctuelle dans l'équipe durant les combats. Baptisés Sauveurs, ces derniers peuvent être récupérés en échange d'un certain nombre de Gemmes Astrales (récupérées durant l'aventure) dans le salon de thé de ''la jeune fille qui a oublié son nom''. Il est possible d'en ''équiper'' trois et de les utiliser afin qu'ils lancent leurs attaques mythiques (à condition que la jauge nécessaire soit remplie). Là encore, le fan service est à son comble : une jolie petite animation qui va bien, la musique originelle de l'attaque remixée et roulez jeunesse. Bref, vous l'aurez compris, si ce titre s'adresse à tous les publics, ceux qui ne connaissent pas les
Final Fantasy passent à côté de pas mal de choses, notamment de nombreux petits bonus cachés que l'on peut trouver lorsque l'on prend la peine de ne pas progresser en ligne droite.
Divisé en chapitres relativement courts, ce spin-off enchaîne de manière assez fluide les villes et les donjons, le joueur n'ayant jamais l'impression de stagner un peu trop longtemps au même endroit. Et pourtant,
World of Final Fantasy est extrêmement bavard, parfois même jusqu'à l'overdose. Les tutoriels (prenant la forme de pavés à lire) s'enchaînent pendant les premières heures de l'aventure et les cut-scenes sont extrêmement nombreuses, avec tout ce que ça implique comme lignes de dialogue interminables. Heureusement, les développeurs ont pensé à rajouter une avance rapide, disponible via le bouton R1, qui permet d’accélérer la chose et qui fonctionne aussi durant les combats. Car aussi intéressants soient-ils, ces derniers seraient totalement soporifiques si cette avance rapide n'existait pas. Au lieu d'opter pour un basique tour par tour, les développeurs ont préféré miser sur une sorte de simili jauge ATB. Sur la gauche de l'écran, deux barres verticales : une pour le joueur, une pour les adversaires. Sur ces barres, tous les combattants disponibles sont représentés par une petite vignette qui monte inexorablement et, une fois tout en haut, l'attaque peut être lancée (précisons qu'il est possible de modifier le timing pour les attaques : tout faire en ''live'' ou au contraire permettre au jeu de se mettre en pause histoire de cogiter un peu). Et le problème, c'est que les vignettes mettent une éteeeeeeeeeernité à progresser... Un vrai calvaire lorsque l'on appuie pas sur le bouton R1, quoi.

Pocket Fantasy
Fort heureusement, c'est le seul défaut que l'on peut reprocher à ces combats – qui se déclenchent d'ailleurs ''à l'ancienne'' (les monstres n'apparaissent donc pas sur la map). C'est là que le côté
Pokémon rentre en scène puisqu'il faut capturer les Myrages rencontrés, même si évidemment il y a quelques différences. Ainsi, il n'est pas question ici de balles limitées à leur envoyer : lorsque le joueur rencontre un nouveau type de Myrage, il récupère automatiquement l'élément permettant de le capturer et il peut l'utiliser autant que désiré, contrairement aux PokéBalls qu'il faut donc racheter constamment. Les conditions de capture sont également bien plus complexes que dans
Pokémon, où il suffit d'enlever le plus de PV possible à la victime. Ici, les conditions varient en fonction du Myrage rencontré : utiliser une attaque physique, une attaque de feu, infliger cécité, rendre des PV au monstre... Au départ assez classiques, les conditions deviennent rapidement de plus en plus ardues et il s'agit de bien choisir les Myrages accompagnant les deux héros pour avoir un large panel d'attaques, histoire de pouvoir palier à toutes les éventualités. Évidemment, comme pour
Pokémon, l'addiction arrive bien vite et, même si l'on n'utilise pas les trois quarts des monstres rencontrés, on veut tout de même tous les avoir. D'autant plus que certains peuvent développer des capacités bien pratiques à utiliser directement sur la map dans des endroits précis (brûler une colonne de glace, voler d'un endroit à l'autre, etc).

Ces capacités se développent via un sphérier dans lequel il faut attribuer des points. Là, de nombreuses aptitudes peuvent être débloquées : des attaques, des sorts de soin ou encore des bonus passifs (résistance physique, vitesse...). Certains emplacements sont même vides et peuvent être customisés par le joueur via des noix qu'il récupère durant l'aventure. Passé un certain niveau, les Myrages peuvent être évolués dans une forme supérieure, ce qui débloque un nouveau sphérier. Il n'est nulle besoin de se poser trop de questions avant de faire évoluer ou non un monstre car ce n'est pas définitif, le joueur pouvant revenir à tout moment au Myrage ''de base''. Une bonne idée, d'autant plus que faire évoluer un monstre modifie sa taille.
World of Final Fantasy divise en effet tout le monde (même les deux héros) en trois tailles différentes : petit, moyen et grand. Pourquoi ? Tout simplement parce que les combats intègrent une fonction intéressante, celle de pyramide. Jusqu'à trois combattants peuvent se grimper dessus à la manière d'un totem, en respectant l'ordre de taille bien entendu, sachant que cette technique existe également chez les ennemis. Une fois la chose faite, tout ce beau monde partage les points de vie, les points d'attaque et les stats, ce qui permet différentes combinaisons. Par exemple, un Myrage sensible aux attaques d'eau ne le sera plus si un Myrage résistant à l'eau fait partie de la même pyramide. Il est aussi possible de combiner les monstres pour débloquer des attaques surpuissantes. Ainsi, combiner plusieurs Myrages de feu permet d'obtenir une super attaque de feu.
Mini Fantasy
Ce système de pyramide se montre franchement sympa à prendre en main, même si la difficulté globalement basse du titre ne force par le joueur à élaborer des stratégies très poussées. Et si l'on rajoute à cela l'addiction de la capture et les nombreux moments que l'on peut passer dans le sphérier à customiser encore et encore les Myrages, vous aurez compris que ce
World of Final Fantasy se montre extrêmement prenant. Et la cerise sur le gâteau, c'est qu'en plus de son aventure principale, s'étalant tout de même sur plusieurs dizaines d'heures, le titre de
Square Enix propose de nombreux à-côtés permettant de faire grimper encore plus la durée de vie. En dehors des classiques quêtes annexes, le joueur peut ainsi se rendre au Colisée histoire d'enchaîner des combats plus ardus, au Salon de Thé pour s'adonner à des affrontements aidant des personnages rencontrés dans le scénario ou encore retourner dans des donjons déjà terminés histoire de s'occuper de Myrages qui étaient bien trop forts pour l'équipe lors de la première rencontre (genre un niveau 40 dans un donjon niveau 10). Bref, un contenu conséquent caché derrière un enrobage global plutôt joli, avec des personnages chibis trop mignons, des environnements assez variés et des couleurs flashys. Les seuls petits regrets proviennent des temps de chargement, courts mais nombreux, et des doublages, uniquement disponibles en anglais (mais de qualité), la version japonaise étant proposée en DLC. Dommage.