Yuhiru est une lycéenne (oui... on souffle) tout ce qu'il y a de plus banal, dans un Japon tout ce qu'il y a de plus banal. En tout cas jusqu'à ce qu'elle soit aspirée par une tempête et propulsée dans un tout autre monde, où elle est immédiatement emprisonnée et condamnée à mort sans raison valable. Sa seule chance de s'en sortir, c'est d'accepter de participer, aux côtés d'autres condamnés, à une expédition pour aller explorer des ruines. Des ruines qui sont en fait des bâtiments semblant venir de son propre univers, ce qui pourrait aussi lui permettre de peut-être rentrer chez elle.
Dès le départ, Over RequiemZ donne donc le ton. L'héroïne se retrouve dans un univers inconnu et de toute évidence assez injuste, et elle est embarquée dans une mission aux côtés de jeunes hommes ayant tous commis des atrocités plus ou moins affreuses, comme carrément assassiner tous les habitants d'un village. Mais malgré tout, ils semblent ''normaux'' au premier abord, voire même carrément sympas. Et c'est d'ailleurs là-dessus que repose l'aventure, à savoir la dualité de l'être humain, et ce grâce à deux types de routes pour chaque love interest : Fact et Dark.
This is not a fairy tale
Côté love interests, justement, il y en a cinq. Les quatre premiers sont les condamnés, Claude, Molly, Noil et Kaize, tandis que le dernier, Dorothy, est la figure d'autorité s'assurant que tout ce beau monde ne s'échappe pas. Toutes les routes sont disponibles dès le départ et il n'y a pas vraiment de route commune, en dehors d'un très court prologue, permettant de se plonger immédiatement dans le dur. Une idée que l'on retrouve déjà dans d'autres otomes mais qui est toujours appréciable.
Un autre choix effectué par Otomate et franchement appréciable est la possibilité de personnaliser un peu l'expérience via les réponses données par l'héroïne sans forcément influencer le cours de l'histoire. S'il y a bel et bien toujours des choix menant les routes dans un sens ou dans l'autre, beaucoup d'autres n'ont aucune conséquence et permettent donc de répondre de manière plus personnelle. Certaines options sont sérieuses, d'autres beaucoup plus décalées – il y a d'ailleurs de l'humour dans ce titre -, offrant donc de vraies réactions différentes de la part des PNJ.
Quant à l'histoire en elle-même, elle se montre immédiatement intéressante, et ce même si l'aspect isekai est matraqué depuis des années maintenant. Yuhiru est une héroïne crédible et réagissant de manière très réaliste à ce qui lui est présenté, avec aussi une bonne dose de courage lorsque c'est nécessaire. Les love interests ne sont pas en reste et Otomate a d'ailleurs fait un super boulot pour leur donner des personnalités marquées, à fortiori dans les routes Dark qui se montrent franchement tordues. Autant dire que les fans de yandere y trouveront leur bonheur, d'autant plus que le tout est bien amené et ne débarque pas d'un coup sans raison.
Yandere simulator
Ce qui est aussi vrai pour les romances, même si Over RequiemZ reste un jeu mettant en avant son histoire fil rouge. Mais contrairement à bien d'autres titres qui ont fait pareil ces dernières années, il n'oublie pas le principe de base des otomes, à savoir les relations. Elles se construisent peu à peu et se montrent plutôt organiques pour la plupart, même si certaines attendent tout de même la toute fin pour réellement se mettre en avant. Et il y en a aussi dans les routes Dark, même si on se retrouve évidemment ici avec un festival de red flags et des relations bien plus toxiques.
D'ailleurs, en dehors des romances, de nombreux thèmes sérieux et graves sont abordés et pas mal d'entre eux peuvent se montrer dérangeants. Over RequiemZ n'est clairement pas à mettre entre toutes les mains tant il n'hésite pas parfois à y aller à fond, et aucune route n'est vraiment épargnée. Ces dernières se montrent qui plus est très différentes les unes des autres, avec des thématiques et retournements de situation très variés. Autant dire que l'on ne s'ennuie jamais et que l'on n'a pas ce sentiment de répétitivité que l'on peut parfois retrouver dans d'autres visual novels. De quoi rendre le tout très prenant du début à la fin, ou plutôt à toutes les fins.
Comme souvent ou presque, il n'y a pas grand-chose à redire sur la réalisation. Le charadesign est convaincant et les artworks sont vraiment très jolis, même si on aurait aimé un peu plus de variété dans les environnements. Du côté des doublages, les voix japonaises sont bien sûr parfaites, même si une fois de plus l'héroïne n'est hélas pas doublée. Mais comme toujours, il faut parler anglais pour en profiter puisqu'aucune traduction française n'est proposée.