
On vous présente Shao Jun.
Avec une telle dictature, tout le monde devait se sentir bridé
Au XVIe siècle, la confrérie chinoise des Assassins a presque été entièrement exterminée par les Tigres, une faction des Templiers ayant pris secrètement le contrôle de l’Empire Chinois. Plutôt vexée (et on la comprend, il n’y a rien de très plaisant à voir les siens massacrés), la très douée Shao Jun part dans une quête de vengeance en tentant de décimer les têtes pensantes de l’organisation adverse. Elle a notamment des liens avec notre petit chéri Ezio et les reliques de l’ancienne civilisation : des composantes du scénario presque complètement mises à l’écart au profit d’une trame vengeresse assez futile. L’histoire, comptée par des bouts de papier-peints animés, s’avère effectivement plutôt anecdotique et ne sert que de prétexte pour s’enfoncer dans la charismatique Chine ancienne.

Un plan à trois de l'époque.
L’ambiance chinoise est d’ailleurs assez bien représentée. Le très beau style graphique, à mi-chemin entre l’aquarelle et la modélisation 3D, nous donne l’impression de rentrer directement dans un compte authentique. La direction artistique nous représente donc un univers chinois franchement classique mais d’un point de vue assez poétique. Cela va de pair avec une ambiance sonore peu audacieuse mais très efficace. Cependant, il est dommage que le titre accuse une framerate assez fragile (tournant de base à 30FPS) occasionnant pas mal de ralentissements.
On devait se faire chier à cette époque sans NemP3
Le gameplay d’AC : Chronicles – China est assez étonnant dans le sens où il parvient très bien à retranscrire celui de la série en 3D. Toute les composantes principales sont présentes et arrivent peu à peu dans l’aventure : le sprint et parcours, les combats à base de contre-attaques, la dissimulation dans la foule ou renfoncements, la synchronisation et même le saut de la foi. Pas de doute, on joue bien à un Assassin’s Creed, ici cependant basé énormément sur l’infiltration. Les nombreux gardes qui parcourent les niveaux disposent chacun d’un champ de vision qu’il faudra éviter. Des obstacles sonores, comme des parquets qui craquent, des oiseaux en cage ou simplement des traqueurs munis d’une ouïe très fine vous feront réfléchir quant à comment les esquiver. Shao Jun dispose de sa lame secrète (y compris de lames de semelles, swag attitude), d’une corde aiguisée et de différents ustensiles comme des fléchettes sonores, des pétards ou des couteaux de lancer. On notera également la furtivité Helix qui permet à l’héroïne de se déplacer invisiblement et à grande vitesse entre les cachettes.

Le chat perché, un jeu historique.
Le level design est lui plutôt bien pensé, chaque niveau offrant une multitude de chemins pour arriver à son but, parfois éparpillés sur des profondeurs différentes (il y a effectivement un tout petit peu de 3D). Seulement, AC : Chronicles – China manque d’une petite étincelle pour le rendre vraiment particulier. À n’en pas douter, cela réside dans un scénario, une narration bien plus fournis qui donneraient l’impression au jouer de ne pas juste enchaîner les niveaux (avec un scoring simple mais opérant) sans trop de raisons. De plus, Ubisoft, ou plutôt le studio de développement Climax, n’a tout de même pas trop pris de risque dans le cadre historique du jeu : nous avons là exactement ce que l’on pouvait imaginer d’une Chine post-médiévale, un thème déjà abordé de multiples fois dans le jeu vidéo. On retiendra donc ce premier opus comme une aventure satisfaisante, d’une durée de quatre ou cinq heures, mais finalement trop peu audacieux.