inspire confiance quand on le sort de la boîte. Le cadre en aluminium donne ce côté bloc, dense, rigide et le format TKL tombe toujours juste sur un bureau de joueur, surtout si la souris aime bouger dans tous les sens. On perd le pavé numérique, on gagne de l’espace et, souvent, un placement de main droite plus naturel sur les longues sessions. Les keycaps sont proposés en PBT, donc une texture qui ne cherche pas à briller et une sensation sous les doigts plus sèche, plus précise que l’ABS habituel. Et puis il y a cette impression sonore, pas totalement feutrée, mais contrôlée, avec moins de résonance parasite qu’un TKL basique.
Là où Cherry Xtrfy change vraiment de registre, c’est évidemment sur les interrupteurs. Le terme TMR, pour Tunnel MagnetoResistance mesure le déplacement de la touche avec des capteurs magnétiques, et on peut régler l’activation à une finesse annoncée de 0,01 mm. On n’est plus dans le monde du point d’activation fixe, celui où le switch décide pour vous. Ici, on décide du moment où la touche doit compter, et parfois même du moment où elle cesse de compter, grâce aux réglages de rapid trigger. Dans les jeux nerveux, c’est exactement le genre de truc qui paraît gadget jusqu’à ce qu’on y goûte. Une fois réglé, le clavier donne une sensation de contrôle plus directe, comme si la course utile de la touche était raccourcie sans devenir binaire. Les micro-ajustements de déplacement deviennent plus propres, les répétitions de strafes se font sans bavure, et l’on a moins cette impression de lutter contre un mécanisme qui veut absolument atteindre un seuil avant de réagir. Il y a un autre effet, moins spectaculaire mais plus important sur le long terme. La techno TMR est mise en avant pour sa meilleure efficacité énergétique, ce qui compte énormément sur un clavier qui lit des positions en continu. Sur le papier, cela explique comment Cherry Xtrfy ose un sans fil très rapide sans condamner l’autonomie. Autre idée étonnamment intelligente, la double compatibilité hot swap. Le clavier est pensé pour accepter ses switches magnétiques, mais aussi pour permettre de repasser sur des switches mécaniques sur certaines touches, ou de composer un mix. C’est un choix qui sonne presque comme une réponse à ceux qui aiment le magnétique pour le jeu, mais préfèrent une sensation mécanique sur la barre espace, sur entrée, ou sur quelques touches clés de frappe.
Concernant la personnalisation du périphérique via le logiciel maison, Cherry MagCrate sert de cockpit. On y règle l’actuation par touche, on active le rapid trigger, on gère des fonctions avancées, des profils, des macros et l’éclairage. Dans ce cockpit, on croise aussi des fonctions orientées compétition, comme des options de type SOCD, parfois présentées sous des noms maison. Ce genre de réglage peut intéresser ceux qui jouent sur des titres où la propreté des directions opposées compte, ou ceux qui veulent une réponse très claire sur certains enchaînements. C’est un terrain délicat, parce que chaque jeu, chaque scène compétitive, chaque règle de tournoi peut avoir sa lecture. L’intérêt ici est surtout d’avoir un clavier qui laisse le choix, plutôt qu’un clavier qui verrouille des fonctions en espérant que personne ne pose de questions.
La grande promesse marketing, celle qui fait lever un sourcil, c’est le 8 000 Hz en sans fil. Sur un clavier, le gain brut n’est pas toujours aussi simple qu’un chiffre, mais le ressenti, lui, existe. L’entrée paraît plus stable, plus régulière, surtout quand on enchaîne des actions rapides. Cherry Xtrfy attribue cette possibilité à l’efficacité énergétique de la lecture TMR, et l’argument est cohérent. Si lire des positions consomme moins, on peut se permettre un envoi plus fréquent des données sans transformer la batterie en bougie. Concernant cette batterie, on parle d’une capacité de 8 000 mAh, et d’une endurance annoncée très confortable. Dans un usage réel, donc avec de la journée de travail, du jeu, et souvent un RGB pas totalement éteint, notre test aura duré plusieurs jours d’utilisation avant de devoir recharger, ce qui place le clavier au-dessus de beaucoup de concurrents sans fil. Il faut évidemment garder la tête froide sur les chiffres maximum, toujours dépendants de la luminosité, du polling, du type de connexion et du rythme d’utilisation. Mais l’idée générale tient.
La triple connectivité ajoute une couche de confort très moderne. Un mode 2,4 GHz pour jouer, un mode Bluetooth pour jongler avec un portable, une tablette ou un second PC, et un mode filaire USB pour ceux qui aiment la simplicité. Le bon point, c’est que le clavier n’a pas l’air de changer de personnalité d’un mode à l’autre. Certains sans fil donnent une sensation légèrement différente, comme si le produit respirait moins bien. Ici, la cohérence domine, ce qui est justement ce qu’on attend d’un modèle premium.
Le 8K en sans fil, c’est finalement un message de maturité du marché. Les claviers magnétiques ont longtemps été associés à des usages très pointus, parfois à des compromis, souvent au filaire. Voir un modèle TKL proposer ce niveau de vitesse sans fil, tout en assumant une grosse batterie et une techno de capteur plus fine, c’est un signe que l’on arrive dans une phase plus stable. Et pourtant, il ne faut pas vendre du rêve à tout le monde. Le MX 8.2 Pro TMR Wireless s’adresse à un public qui aime régler, optimiser, tester. Le gain réel vient des réglages, du choix de l’actuation, du rapid trigger calibré selon les jeux, et parfois d’un profil différent entre un FPS, un MOBA, et de la rédaction.
C’est d’ailleurs là que le clavier surprend agréablement. Une fois bien réglé, il n’est pas seulement bon en jeu. Il peut devenir très agréable à la frappe, parce qu’on peut éviter les activations involontaires, choisir une profondeur qui rassure, et retrouver une cadence de saisie plus propre. Le magnétique a parfois une réputation de toucher flottant. Ici, on a plutôt une sensation lisse, rapide, qui peut être rendue plus ou moins sensible selon les touches. On peut même imaginer un clavier hybride, avec des réglages très nerveux sur Z Q S D et plus confortables sur le reste.