En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l'installation et l'utilisation de cookies sur votre poste, notamment à des fins promotionnelles et/ou publicitaires, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée.
Douze ans après le premier épisode, Amplitude Studios revient à son univers de science-fantasy avec Endless Legend 2. Le studio français reprend les principes du 4X, entre exploration, gestion et conquête, tout en installant ses différentes civilisations sur une planète en pleine transformation. Une suite ambitieuse, dont les bonnes idées ne suffisent pas toujours à éviter quelques longueurs.
Test effectué à partir d'une version PC
L'aventure se déroule sur Saiadha, un monde où les océans recouvrent une grande partie de la surface. Le principe reste familier pour les amateurs de stratégie au tour par tour. Il faut développer des villes, récolter des ressources, rechercher des technologies, lever des armées et composer avec des voisins plus ou moins conciliants. Mais l'originalité vient rapidement du terrain lui-même. À intervalles réguliers, de violentes moussons bouleversent l'activité des différentes factions avant que les eaux ne se retirent et dévoilent de nouvelles régions.
Une mer de possibilités
Ce système de marées constitue la meilleure trouvaille du jeu. Des territoires jusque-là inaccessibles deviennent disponibles, avec leurs ressources, leurs ruines et leurs populations indépendantes. Une frontière auparavant tranquille peut soudain se retrouver exposée à un adversaire. Il faut alors envoyer ses éclaireurs, protéger ses positions ou accélérer la construction d'un avant-poste. Là où beaucoup de 4X perdent leur intérêt une fois la carte explorée, Endless Legend 2 parvient régulièrement à renouveler les enjeux territoriaux. Cette idée fonctionne d'autant mieux que l'exploration réserve quelques surprises. Les villages des factions mineures peuvent être attaqués, négociés ou assimilés, tandis que certaines expéditions permettent de récupérer des objets utiles. Les quêtes accompagnent la progression et donnent un peu de contexte aux décisions prises sur la carte. L'écriture n'a rien de particulièrement bouleversant, mais elle contribue à installer un univers cohérent, déjà bien fourni en histoire et en mystères.
La véritable réussite d'Amplitude reste toutefois la diversité de ses peuples. Les Sheredyn privilégient une approche défensive, les Aspects s'étendent grâce à leur corail, tandis que les Nécrophages reposent sur une logique de ruche particulièrement agressive. Les Derniers Seigneurs et les Tahuks possèdent également leurs propres contraintes. Les nouveaux Sandshapers, de leur côté, cherchent à transformer le monde en désert. Il ne s'agit pas de quelques bonus interchangeables : changer de faction implique de revoir ses habitudes, sa manière de produire et parfois même ses objectifs prioritaires. Le développement urbain profite aussi de cette diversité. Placer correctement ses quartiers, exploiter les caractéristiques d'une province et relier des implantations apporte une dimension intéressante à la gestion. Les ressources sont relativement faciles à identifier, mais leur utilisation demande de l'anticipation, surtout lorsque la prochaine marée risque de redistribuer les accès au territoire. Visuellement, Saiadha possède également une identité convaincante. Les reliefs, les couleurs et le dessin des unités donnent du caractère à l'ensemble, tandis que les compositions d'Arnaud Roy accompagnent efficacement l'exploration.
Un empire qui prend l'eau
Ces qualités ne font pourtant pas disparaître les défauts. Le premier concerne le rythme général des parties. Les débuts sont stimulants, entre la découverte des peuples, la mise en place de l'économie et les premières transformations de la carte. Mais lorsque les villes se multiplient, les décisions deviennent plus répétitives. On passe davantage de temps à ajuster des productions, déplacer des unités ou valider des actions dont l'intérêt stratégique finit par diminuer. Les affrontements illustrent assez bien ce problème. Lorsqu'une bataille éclate, les unités s'affrontent directement sur une portion de la carte, avec la possibilité d'exploiter le relief, les compétences des héros et les particularités de chaque armée. La formule offre quelques choix tactiques satisfaisants, notamment dans les engagements importants. En revanche, elle montre assez vite ses limites. La supériorité numérique et les bonus accumulés pèsent souvent lourd dans le résultat, tandis que la multiplication des combats manuels ralentit considérablement les campagnes. La résolution automatique devient tentante, même lorsqu'elle n'est pas avantageuse.
Le choix des héros, leurs équipements et leurs relations apportent une couche de personnalisation appréciable, sans modifier profondément le déroulement des combats. La préparation des déplacements conserve ainsi une importance particulière, notamment autour des passages étroits. L'intelligence artificielle ne parvient pas non plus à surprendre durablement. Elle sait exercer une pression militaire, surtout lorsque la difficulté augmente, mais son comportement demeure prévisible et ses avantages reposent beaucoup sur les ressources dont elle dispose. La diplomatie manque également de relief. Les accords existent, mais les relations entre empires offrent moins de possibilités que le développement territorial. L'économie fonctionne correctement sans disposer d'une véritable dimension commerciale entre civilisations, ce qui réduit les stratégies envisageables.
Il faut enfin composer avec une prise en main parfois laborieuse. Les nombreux systèmes s'imbriquent plutôt bien, mais comprendre toutes leurs conséquences demande de l'investissement. Certains pictogrammes et informations de l'interface ne sont pas suffisamment explicites, alors que les objectifs de fin de partie peuvent imposer une progression très longue. Les différentes voies vers la victoire ne compensent pas toujours l'impression de suivre un parcours un peu trop dirigé. Les dernières heures manquent donc du renouvellement promis par les premières marées.
Endless Legend 2 possède une personnalité que bien des jeux de stratégie peuvent lui envier. Son monde évolutif et ses factions asymétriques donnent envie de recommencer une partie pour essayer une autre approche. En revanche, la gestion répétitive, la diplomatie limitée et les combats parfois laborieux finissent par freiner l'enthousiasme. Une bonne suite, riche en idées et agréable à découvrir, mais qui peine encore à maintenir le même intérêt jusqu'au dénouement.