Replaced prend la forme d’un cinematic platformer à l'esthétique pixel art, agrémenté d’éléments de jeu d’action/aventure. Entendez par là que le titre propose à la fois une narration et une mise en scène travaillées, et un gameplay profond pour les combats, ainsi que différents systèmes habituellement absents, ou très basiques, dans ce genre. Le titre nous raconte l’histoire de R.E.A.C.H., une intelligence artificielle qui se retrouve piégée dans le corps de son créateur suite à un incident. Son but est donc de retourner dans l’espace digital et de rendre le corps à son propriétaire d’origine. Durant sa quête, R.E.A.C.H. rencontrera différents personnages, certains hostiles, d’autres plus amicaux. L’occasion pour elle d’en apprendre davantage sur le genre humain, mais aussi sur le monde qui l’entoure.
Car l’histoire de Replaced prend place dans une version alternative des États-Unis, où une catastrophe nucléaire a eu lieu en 1945, mettant le pays à genoux. Quarante ans plus tard, après avoir confié les rennes à une corporation, le pays va mieux. Mais si les radiations et les pluies acides sont contenues, R.E.A.C.H. va découvrir qu’un mal plus insidieux ronge le pays. Le scénario est bien écrit et les personnages, bien que parfois caricaturaux de prime abord, sont plus subtils qu’il n’y paraît, et attachants. Les différentes péripéties sont bien amenées, certaines d’entre elles étant même surprenantes. Et les thématiques abordées ici sont terriblement actuelles, et finement traitées sans verser dans les considérations philosophiques assommantes.
Pour ne rien gâcher, le tout est soutenu par une bande-son mêlant habilement sonorités rétros et actuelles, offrant ainsi une musique moderne capable de titiller notre fibre nostalgique. La mise en scène n’est pas en reste, l’action étant soutenue par des mouvements de caméra dynamisant l’ensemble. L’intrigue de Replaced est intéressante et bien menée, tenant le joueur en haleine tout au long de l’aventure. Si nous devions vraiment lui faire un reproche de ce côté-là, ce serait l’absence totale de doublage. Avoir des voix lors des cinématiques aurait permis de leur donner encore un peu plus de punch. Cela étant dit, nous sommes dans le chipotage ici.
Arkham A.I.
Pour atteindre ses objectifs, R.E.A.C.H. va devoir mettre à profit les capacités de son tout nouveau corps. Il peut sauter, grimper, s’accrocher à des rebords. Que du très classique dans un platformer, mais notre héroïne vient tout juste de prendre possession de ce corps, il est donc un peu maladroit. Ce qui se ressent dans les contrôles un peu lourds du personnage, ces derniers nécessitant une certaine anticipation pour les sauts. Cela déplaira à certains, mais c’est cohérent avec l’histoire. Il faudra aussi faire preuve de discrétion par moments : dans ces cas-là, le personnage s'accroupit de lui-même, ce qui lui permet de se cacher des caméras et autres tourelles. Ces phases d’infiltration sont basiques, mais restent plaisantes.
Et comme l’environnement n’est pas suffisamment dangereux, Sad Cat Studios a ajouté des ennemis dans sa tambouille. Ces derniers sont de différents types : en plus de l’assaillant de base, vous en rencontrerez équipés de boucliers, de pistolets, de molosses et j’en passe. Le bestiaire présenté n’est pas original mais assez varié, permettant de renouveler régulièrement les situations et combats. Ces derniers reprennent un système à la Arkham, avec des indicateurs visuels indiquant les attaques à venir et si elles peuvent être contrées. Dans ce cas-là, une pression sur la touche Y vous permet de la parer pour ensuite enchaîner les coups sur votre assaillant. Si le coup est imparable, une roulade vous mettra à l’abri de ce dernier.
Le système de combat fonctionne bien, malgré les contrôles un peu lourds du personnage. Et le challenge est bien là, le titre vous mettant face à des hordes d’ennemis, même si ces derniers ne vous attaqueront pas tous en même temps. En effet, quand certains vous attaquent, les autres restent en retrait, au second plan. Ce qui nuit parfois à la lisibilité de l’action, distinguer les ennemis au premier plan de ceux en retrait n’étant pas toujours évident. Nous avons donné quelques coups dans le vide à cause de cela. Mais même avec ce petit problème, les combats restent efficaces, punchy et diablement plaisants.
Midjourney 2077
Parlons maintenant de l’éléphant dans la pièce : Replaced est sublime. Il vous décrochera la mâchoire et vous décollera la rétine. Bref, c’est un véritable bonbon pour les yeux. Son esthétique pixel art, déjà très soignée à la base, est soutenue par des éclairages du plus bel effet. Et Sad Cat Studios a mis le paquet sur les éclairages. Entre les effets volumétriques, de rétroéclairage ou de contre-jour, tout y passe. Et le résultat est bluffant. Mais la mise en scène n’est pas en reste : les animations en arrière-plan ou encore les mouvements de caméra dynamisent efficacement l’action, particulièrement durant les combats. Tandis que les choix de cadrages offrent des tableaux de toute beauté. C’est un véritable régal pour les yeux.
Nous avons cependant noté que l’écran se fige régulièrement durant quelques millisecondes. Ce n’est pas handicapant, mais cela arrive suffisamment souvent pour le signaler. Dans un autre genre, nous aurions aimé avoir la possibilité de passer les cinématiques. En effet, certains points de contrôle mal placés nous obligent à les revoir, ou à refaire des passages entiers de plates-formes en cas de défaite lors de combats.