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Originellement lancé sur PC, le Metroidvania Constance est désormais disponible sur consoles. L'occasion de voir si le titre de Blue Packpack, ByteRockers' Games et PARCO GAMES mérite le coup d’œil.
Test effectué à partir d'une version Nintendo Switch
Dès le départ, Constance nous plonge dans le bain : ce titre traite de sujets graves, comme la dépression et le burn-out. Le joueur incarne l'héroïne éponyme et navigue dans les méandres de sa psyché pour tenter d'exorciser ses démons intérieurs. Le thème de la santé mentale est désormais bien présent dans le milieu du jeu vidéo, il n'y a donc rien de très original ici. Ce qui ne serait pas très grave si l'histoire se montrait intéressante. Malheureusement, malgré quelques épiphanies ça et là auxquelles de nombreuses personnes pourront s'identifier (les phases dans le monde réel), la narration non-linéaire rend le tout assez brouillon et au final peu intéressant. D'autant plus que les personnages, à commencer par Constance, sont très plats. Dommage.
La douleur passe, la beauté reste
Il y a toutefois quelque chose qui saute immédiatement aux yeux et que l'on ne peut reprocher à ce titre : il est franchement très beau. Ses décors dessinés à la main et sa direction artistique globale sont un vrai plaisir pour la rétine. D'autant plus que tout est raccord avec la thème du dessin et de la peinture. Constance attaque avec un pinceau, elle dispose d'une jauge de peinture à la place du mana, les maps sont vaguement gribouillées (un enfer pour se repérer tant les informations sont maigres, soit dit en passant), les compétences s'obtiennent via des esquisses, des croquis à placer dans le carnet débloquent des améliorations et ainsi de suite. Chaque biome a son identité propre avec des arrière-plans qui fourmillent de détails, et la bande-son accompagne à merveille l'aventure.
Côté gameplay, là encore Constance n'invente rien. Les joueurs retrouveront ici du Metroidvania très classique avec un monde interconnecté et divisé en plein de zones différentes, des passages de plates-formes à passer, des ennemis et boss à battre ou encore des aptitudes à débloquer pour se rendre dans des endroits au départ inaccessibles. Par exemple, la toute première compétence obtenue permet de dasher à travers certains passages tout en étant invincible, permettant ainsi de traverser des barrières (littéralement) épineuses. Bref, du classique mais très efficace et en grande partie bien exécuté ici, notamment du côté du level design. Clairement, Constance mise beaucoup sur sa plate-forme, un peu comme un Celeste.
Constance se manie très facilement, répond au doigt et à l’œil et le tout se montre très fluide, ce qui ne sera pas de trop à de bien nombreuses reprises. Car si ce Metroidvania repose sur des éléments très classiques, il propose aussi une difficulté tellement aléatoire qu'au final c'est la santé mentale du joueur qui risque d'être attaquée. Les boss, par exemple, peuvent passer du simple au double concernant leur difficulté, ce qui est aussi vrai pour certaines phases de plates-formes qui font franchement souffler du nez tant elles sont tendues. Ces mêmes boss (et ennemis de base) sont d'ailleurs très peu intéressants à combattre tant ils sont répétitifs et peu inventifs : ils sont temporairement invincibles, font leur truc (bouger, lancer des projectiles, etc), puis il devient possible de les toucher avant qu'ils redeviennent invincibles, et ainsi de suite à l'infini.
Se voir en peinture
Qu'on s'entende : nous n'avons rien contre la difficulté, à condition tout de même qu'elle soit progressive et non punitive. Le problème, c'est que puisque la progression est ici non-linéaire, il n'y a pas franchement de courbe de difficulté et l'on peut se retrouver d'un seul coup d'un parcours de santé à quelque chose de très frustrant. Le système de corruption n'aide pas et vient là encore frustrer lors de moments tendus. Concrètement, utiliser trop la peinture vient vider sa jauge, ce qui provoque un malus pour Constance, à savoir le fait de puiser dans sa barre de vie. Sauf que certains passages nécessitent l'utilisation de toute la jauge de peinture, forçant donc le joueur à prendre des risques sans lui laisser le choix.
Le choix s'offre toutefois en cas de mort avec deux options : retourner au dernier point de contrôle ou bien poursuivre l'aventure, avec tout de même un gros côté négatif, à savoir le fait que les ennemis sont bien plus résistants et qu'il devient impossible de leur passer au travers. Une mécanique originale et une bonne idée pour permettre à chacun de jouer comme bon lui semble, mais surtout pour ne pas perdre toute une partie de la progression lorsque l'on maîtrise plutôt bien la zone où l'on est mort. Et la chose peut se faire à l'infini, ce n'est pas simplement une seconde chance.
Concernant la durée de vie, Constance ne s'éternise pas. Il faut moins d'une dizaine d'heures pour boucler l'aventure principale, même si de nombreux à-côtés sont disponibles pour ceux qui voudraient atteindre le 100%, avec notamment diverses quêtes annexes. De quoi grappiller encore quelques heures de jeu, mais aussi parfois des éléments véritablement utiles, comme des améliorations. Précisons enfin que le tout est intégralement traduit en français.
Constance est un très joli Metroidvania au gameplay classique mais efficace. Il est en grande partie agréable de progresser dans ce monde coloré et interconnecté, avec une fluidité à toute épreuve durant les combats et les phases de plates-formes. Néanmoins, ce titre est aussi pénalisé par des défauts qui seront rédhibitoires pour certains, dont sa difficulté aléatoire et parfois frustrante, son histoire qui se montre au final peu intéressante malgré les sujets abordés, ou encore un certain manque global d'originalité. Bref, un titre qui plaira aux fans les plus patients du genre, mais qui ne marque pas sur le long terme.
Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.