Test : Regions of Ruin : Runegate - PC

Regions of Ruin : Runegate - PC
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Regions of Ruin : Runegate reprend la base du premier épisode, à savoir un mélange d’action-RPG en 2D, d’exploration et de reconstruction de colonie, mais avec une ambition plus large et un enrobage plus propre.

Test effectué à partir d'une version PC

Le jeu de Gameclaw Studio, édité par Raw Fury, met le joueur dans les bottes d’un nain chargé de rebâtir un refuge pour son peuple après l’effondrement d’une civilisation qui n’a visiblement pas passé une très bonne semaine. Le pitch n’a rien de renversant, mais il a le mérite d’être clair : avancer, sauver des camarades, ramasser de quoi bâtir, puis retourner taper sur ce qui bouge encore. Le vrai bon point, c’est que Runegate ne se contente pas de simplement coller une base entre deux phases de baston. Le village progresse avec les survivants récupérés, les bâtiments débloqués, les ressources qui rentrent et les petits services qui finissent par changer la manière d’aborder l’aventure. Un forgeron rend l’équipement plus intéressant, des ouvriers permettent de fluidifier la récolte, le marché dépanne quand une ressource manque. Vous utiliserez donc un portail pour voyager de votre camp à diverses zones d’intérêt histoire d’y récupérer du matos, des PNJ pour votre camp ainsi que d’y accomplir des quêtes.

Nain porte quoi, mais pas n’importe comment


Le jeu brille surtout dans cette manière de lier le dehors et le dedans. Une sortie ne sert pas seulement à vider une carte de ses ennemis, mais aussi à ramener de quoi faire pousser la maison commune. Les portails ouvrent vers des zones aux ambiances distinctes, les camps ennemis invitent à nettoyer méthodiquement, les prisonniers libérés donnent un petit supplément d’âme à la progression, et les quêtes secondaires remplissent assez bien les interstices. Rien n’est révolutionnaire, mais tout a cette qualité précieuse des jeux qui savent ce qu’ils veulent être. On lance une expédition pour dix minutes, puis une autre, puis encore une, avant de réaliser que la forge attend une amélioration et que deux coins de carte restent à fouiller.

Runegate

Visuellement, Runegate a aussi de beaux arguments dans sa besace. Le pixel art est détaillé sans être baveux, les décors savent vendre leur petite fantasy poussiéreuse, et certaines scènes nocturnes donnent vraiment envie de ralentir le pas. Le jeu assume son côté miniature vivante, avec de grands aplats, des silhouettes lisibles et une architecture naine qui ne cherche pas la finesse elfique, ce qui est évidemment une preuve de bon goût. Les animations restent simples, mais la direction artistique compense souvent cette modestie technique par une vraie cohérence d’ensemble.

Runegate

Côté combat, Runegate avance avec honnêteté. Il y a du corps-à-corps, du tir, des compétences, des armes variées, des builds possibles et suffisamment de butin pour donner envie d’expérimenter. Les dagues, les armes lourdes, les projectiles ou les approches plus prudentes changent réellement le rythme des affrontements. La progression n’est pas d’une profondeur abyssale, mais elle offre assez de leviers pour que l’on ne tape pas exactement de la même manière du début à la fin. Le jeu sait rester accessible, avec plusieurs niveaux de difficulté, ce qui permet de le prendre comme une aventure tranquille ou comme un petit hack and slash plus nerveux. Cependant, la gestion de la visée peut parfois manquer de naturel, surtout quand il faut orienter certaines attaques à la souris alors que le déplacement au clavier donne déjà assez de choses à surveiller. Les mêlées deviennent parfois brouillonnes, certains coups donnent l’impression de manquer de poids, et quelques affrontements tirent un peu sur la répétition. Le jeu ne s’écroule jamais là-dessus, mais sa réalisation rappelle régulièrement que l’on est dans une production indépendante qui préfère l’accumulation d’idées généreuses plutôt que de poncer la finition à l’extrême.

Runegate

L’exploration suit le même chemin. Quand tout s’aligne, elle a quelque chose de franchement plaisant. Les zones se découvrent à son rythme, les puzzles facultatifs apportent des respirations, les boss optionnels donnent un peu de relief, et l’on sent souvent le jeu encourager la curiosité plutôt que le sprint vers l’objectif principal. En revanche, la structure montre ses coutures à mesure que les heures passent. Certaines cartes se ressemblent, quelques allers-retours sentent la routine, et la collecte de ressources peut devenir plus mécanique que vraiment stimulante. Sur le papier, Regions of Ruin : Runegate coche beaucoup de cases séduisantes : une base à reconstruire, des nains à sauver, de l’équipement à affiner, des portails à traverser et une progression souple. Dans les mains, cela donne une aventure souvent attachante, parfois très prenante, mais aussi un peu inégale dans son rythme et dans la façon dont elle exploite toutes ses mécaniques. Certains bâtiments donnent moins qu’espéré, certaines ressources perdent vite leur importance, et le sentiment d’avoir un système très riche en surface peut être tempéré par des usages finalement plus limités.

Runegate

Reste que Runegate possède une qualité que beaucoup de titres plus propres n’ont pas toujours : il donne envie de revenir à son camp. Pas forcément pour une révélation incroyable, ni pour découvrir une mécanique cachée qui change tout, mais parce que l’ensemble a un charme de chantier vivant. Voir le refuge prendre forme, choisir la prochaine amélioration, repartir avec une nouvelle arme, croiser un marchand utile ou ajuster son approche suffit à entretenir l’élan. Le jeu respecte globalement le temps du joueur, avance sans trop s’alourdir et propose une aventure que l’on peut picorer sans perdre le fil. Bien sûr, la plateforme n’est pas toujours très précise, quelques énigmes souffrent d’une lisibilité moyenne, des phases de collecte s’étirent, et l’aventure principale aurait gagné à ouvrir un monde supplémentaire ou à mieux conclure ses enjeux. Pour les amateurs de fantasy compacte, de pixel art soigné et de boucles d’exploration qui grattent agréablement le cerveau, la pioche reste recommandable.

Runegate

Regions of Ruin : Runegate n’est pas le grand souverain des jeux de nains, mais il a clairement de quoi tenir une bonne place dans la mine. Son mélange d’action, de reconstruction et d’exploration fonctionne bien, porté par une belle identité visuelle et une progression accrocheuse. Ses limites de finition, sa répétition et sa conclusion un peu sèche l’empêchent de viser plus haut, mais l’aventure garde un charme robuste.
05 mai 2026 à 10h07

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Points positifs

  • Direction artistique réussie
  • Boucle exploration et reconstruction accrocheuse
  • Progression de la colonie gratifiante
  • Variété correcte des armes et builds
  • Ambiance fantasy naine attachante

Points négatifs

  • Répétition dans certaines zones
  • Combat parfois imprécis
  • Plateforme inégale
  • Gestion des ressources pas toujours exploitée
  • Conclusion narrative trop abrupte

Gribouillé par...

Lorris

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Fin limier du mot

Jean-Claude Van Damme au corps, Jean-Claude Dusse dans la tête. C'est parfois l'inverse.

Twitter : @Yolorris

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