Test : Dark Scrolls - PC

Dark Scrolls - PC
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Doinksoft revient avec un roguelite en pixel art à défilement automatique. Manette en main, la formule se montre surtout inégale, avec de bonnes idées coincées dans un donjon qui ne se montre pas sous son meilleur jour.

Test effectué à partir d'une version PC

Après avoir aidé un chevalier à régler son compte à un dragon, une petite bande d’aventuriers se fait trahir, éliminer puis ramener à la vie par magie. Il faut alors parcourir des niveaux infestés de créatures, récupérer les fameux Dark Scrolls et rendre la pareille à celui qui a décidé de jouer les Judas en armure. Le scénario reste volontairement léger, avec juste assez d’humour absurde pour accompagner le ton général. Dark Scrolls mélange plateforme 2D, run and gun, shoot’em up latéral et roguelite. Chaque niveau défile automatiquement vers la droite, ce qui interdit de trop traîner derrière une caisse ou un mur sous peine de crever. Rater le rythme revient à se faire broyer par le bord de l’écran, pendant que les ennemis arrivent de tous les côtés.

Le jeu impose donc une certaine tension, et il le fait plutôt bien durant les premières parties. Le problème, c’est que cette nervosité réclame une précision que le jeu ne possède pas toujours. Les personnages semblent parfois flotter un peu trop, certains sauts manquent de mordant et les collisions donnent régulièrement l’impression de négocier avec le décor. Dark Scrolls veut aller vite, mais oublie parfois de rendre ses mouvements assez propres pour suivre le rythme.

Parchemin, mais pas trop loin


Le premier vrai bon point vient des héros. Grizz le barbare privilégie les attaques lourdes et la hache lancée. Pigeon le voleur est plus rapide, plus agressif et peut rebondir en attaquant vers le sol. Emerys le mage utilise ses projectiles et se montre plus à l’aise dans les airs. Le trio n’est pas révolutionnaire, mais les différences sont assez nettes pour modifier la manière d’aborder les niveaux. D’autres personnages se débloquent ensuite, avec un chien qui attaque en aboyant, un chef ou encore un rat saxophoniste. Doinksoft s’amuse clairement avec son casting, et cette galerie donne au jeu une personnalité bienvenue. Le souci vient surtout de la progression. Certains héros exigent de longues sessions pour être obtenus, tandis que d’autres restent cachés dans des niveaux peu lisibles. Dark Scrolls conserve ses meilleures idées derrière des portes qui demandent parfois un peu trop de patience. 

Dark Scrolls

Entre les parties, les cristaux récoltés permettent d’ajouter de nouveaux bonus dans les boutiques rencontrées pendant les runs. Soins, protections, dégâts supplémentaires ou capacités particulières viennent enrichir les tentatives suivantes. Le système est utile parce qu’il donne une impression d’avancer même après une mort rapide. En revanche, il manque souvent d’explications. Le jeu ne précise pas toujours clairement ce qui reste acquis, ce qui disparaît ou la manière dont certains objectifs doivent être remplis. La gestion des étoiles pose le même souci. En frappant les ennemis, une jauge se remplit et permet d’activer des capacités spéciales. Ces pouvoirs peuvent devenir très efficaces quand ils sont bien utilisés, notamment face aux boss ou dans les salles encombrées.

Mais Dark Scrolls explique mal cette mécanique au départ. Résultat, plusieurs premières parties risquent de se jouer sans vraiment exploiter un système pourtant important. C’est dommage, car le jeu possède une petite profondeur lorsqu’il accepte de montrer ses cartes. Économiser les étoiles pour une grosse attaque ou les dépenser rapidement pour se sortir d’un mauvais pas crée quelques choix intéressants. Les niveaux cachent aussi des passages secondaires, des cages à ouvrir et des chemins plus élevés. Dark Scrolls récompense la curiosité, même s’il ne fait pas toujours l’effort de bien guider le joueur. 

Dark Scrolls

Roguelite en surplace

Le principal défaut de Dark Scrolls reste sa répétition. Les niveaux sont construits à partir de salles pensées à la main, mais les mêmes environnements, les mêmes vagues d’ennemis et les mêmes structures reviennent assez vite. Dans un roguelite, recommencer fait partie du contrat. Encore faut-il que chaque tentative donne l’impression d’apporter quelque chose de nouveau. Ici, la routine s’installe plus rapidement qu’elle ne devrait. Les combats, eux, reposent sur une base correcte. Les attaques sont immédiates, les personnages ont chacun leur façon de jouer et l’action reste lisible lorsque l’écran ne devient pas trop chargé. En coopération en local, le jeu gagne même quelques points. Le bazar se partage, les erreurs aussi, et pouvoir relever un partenaire rend les affrontements plus amusants. À deux, Dark Scrolls ressemble davantage à ce qu’il voulait être : un petit jeu arcade bruyant, chaotique et sympathique.

Dark Scrolls

En solo, les défauts ressortent davantage. Changer de direction pendant une attaque demande parfois de relâcher le bouton, ce qui coupe inutilement le rythme. Les déplacements peuvent aussi provoquer des actions non voulues, notamment avec le stick analogique. Dans un jeu où les ennemis arrivent vite et où le défilement ne laisse pas de répit, ce type de détail finit forcément par peser. Les coups reçus manquent aussi parfois de lisibilité. Se faire projeter dans une foule, perdre le contrôle quelques instants puis tomber dans un piège ne donne pas toujours la sensation d’avoir fait une erreur. La difficulté n’est pas insurmontable, mais elle paraît irrégulière. Certains passages demandent de la maîtrise, d’autres semblent surtout dépendre du chaos affiché à l’écran. 

Dark Scrolls

La technique n’arrange pas entièrement les choses. Quelques bugs, objectifs mal validés ou soucis de synchronisation en ligne viennent rappeler que Dark Scrolls aurait gagné à passer un peu plus de temps à être testé et peaufiné. Rien ne rend le jeu injouable, mais l’ensemble accentue cette impression de produit pas totalement terminé. Visuellement, Doinksoft s’en sort tout de même bien. Le pixel art est coloré, les sprites sont expressifs et les monstres ont ce petit côté grotesque qui évite au jeu de se prendre trop au sérieux. La bande-son rétro accompagne correctement l’action, avec ce qu’il faut de bruitages idiots pour faire passer les explosions et les aboiements. Dark Scrolls a une vraie gueule. Il lui manque surtout une structure assez solide pour tenir la route sur la durée. 

Dark Scrolls

Dark Scrolls n’est pas une catastrophe, loin de là. Son action rapide, son humour, ses héros étranges et sa coopération permettent de passer quelques bonnes sessions, surtout avec un ami sur le canapé. Mais les contrôles imprécis, la progression confuse et la répétition trop rapide empêchent le jeu de devenir réellement accrocheur.
30 juin 2026 à 09h48

Par

Points positifs

  • Un casting de héros varié
  • Une direction artistique pleine de personnalité
  • Une coopération agréable
  • Des secrets dans les niveaux
  • Des combats parfois bien nerveux

Points négatifs

  • Des contrôles imprécis
  • Une progression peu claire
  • Une répétition rapide
  • Des bugs occasionnels
  • Un solo moins convaincant

Gribouillé par...

Lorris

Lorris

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Jean-Claude Van Damme au corps, Jean-Claude Dusse dans la tête. C'est parfois l'inverse.

Twitter : @Yolorris

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