Vous incarnez ici Pratelle. Et Pratelle, elle en a gros. Car en plus d’avoir perdu sa maman, tous les habitants de son village ont été transformés en robots suite à une numérisation de leur psyché. Une prouesse rendue possible par Nina, sa sœur, qui n’a pas manqué d’en faire bénéficier sa mère. D’où l'humeur chafouine de Pratelle. Le titre raconte la longue marche de cette dernière, qui recherche sa sœur pour la confronter. Cette quête est agrémentée de flashbacks nous permettant de mieux connaître les deux sœurs et leur mère, et c’est essentiellement par ces réminiscences du passé que passent les réflexions portées par le titre.
Qu’est-ce qui fait de nous des humains ? Les robots dotés d’une psyché digitalisée peuvent-ils être considérés comme humains ? C’est quoi l’âme ? Vous avez quatre heures, soit à peu près le temps qu’il vous faudra pour finir le jeu. Aborder de tels sujets dans un jeu est ambitieux, mais le titre parvient à nous questionner sans jamais imposer de réponses toutes faites, se contentant de donner des pistes de réflexion. Cela étant dit, nous avons fini le jeu en ayant l’impression de n’avoir que survolé le sujet.
Demolition girl
Comme évoqué en introduction, Pratelle est équipée d’une massue. Elle peut s’en servir pour se frayer un chemin dans le décor en le fracassant, et se débarrasser des robots en les fracassant. Parce que Pratelle, elle aime fracasser des trucs. Ça la détend. Elle dispose de trois attaques : la première permet de repousser les ennemis. Avec la seconde, elle balaie la zone devant elle, ce qui lui permet de détruire les robots qui sont touchés. Enfin, la troisième attaque, la plus puissante, consiste en un violent coup sur le sol générant une onde de choc sur une petite zone.
Une seule touche vous permet de lancer ces attaques, en la pressant plus ou moins longtemps en fonction de l’effet désiré. Il est donc important de bien gérer la distance qui vous sépare de vos ennemis, sous peine d’être interrompu. Et c’est la seule feature de gameplay disponible ici. Pas de sprint, pas de saut, le titre consiste en une longue marche en avant durant laquelle vous vous débarrassez des obstacles à coups de masse. Sur votre chemin, vous trouverez parfois des échos qui, lorsque vous les frappez, déclenchent un flashback. C’est une manière sympathique de développer les personnages et leurs relations en laissant le joueur imposer son rythme.
20th Century Game
Virtue and a Sledgehammer adopte un look rétro, s’inspirant très largement de l’esthétique des jeux de l’ère PlayStation 1, comme on en voit émerger de plus en plus ces derniers temps. La direction artistique fait la part belle au rouge via des jeux de lumière, ce qui va bien avec l’état d’esprit de l'héroïne, qui passe son temps à laisser sa colère s’exprimer avec sa massue. Mais elle n'oublie pas de varier sa palette de couleurs en fonction des environnements.
Dans un autre registre, le système de destruction est saisissant. Vous pouvez tout faire voler en éclats ou presque. En effet, si quelques éléments résistent aux coups de Pratelle, l’écrasante majorité du décor est destructible. Et nous n’allons pas vous mentir : démolir les divers bâtiments que nous avons "visités" a quelque chose de jouissif. Enfin, la musique aux tonalités électro, évoquant les années 80, donne au titre un côté à la fois futuriste et mélancolique. C’est une réussite de ce côté-là.