Tales of Eternia, comme tous les
Tales of, repose sur deux piliers principaux : l'histoire et le système de combat. Ici, le scénario suit deux amis d'enfance, Reid et Farah, qui vont rapidement faire connaissance avec une jeune fille littéralement tombée du ciel. Ils ne parlent pas la même langue mais comprennent qu'elle s'appelle Meredy et qu'elle semble les avertir de quelque chose. Tout ce beau monde, accompagné aussi du chercheur Keele, va donc partir dans un grand voyage pour percer les mystères entourant Meredy, ce qui va évidemment prendre des proportions mondiales. Et même doublement mondiales.
L'histoire de la vie
Contrairement aux épisodes plus récents qui mettent en scène bien plus de personnages principaux, Tales of Eternia se concentre donc sur un groupe de quatre héros. Il n'y a évidemment rien de très original ici, déjà pour l'époque d'ailleurs, mais le tout se laisse suivre avec plaisir. D'autant plus que la dynamique de groupe fonctionne particulièrement bien et que quelques petites surprises viennent de temps à autres mettre une pièce dans la machine. Les traditionnelles petites saynètes, évidemment présentes ici, permettent de développer les relations entre les uns et les autres.
Dans sa structure aussi, Tales of Eternia reste très basique. Le joueur visite un monde en 3D composé de villages en 2D dans lesquels s'arrêter pour se reposer ou faire des emplettes, et de donjons (aussi en 2D) dans lesquels combattre et faire avancer l'histoire. Quelques mini-jeux et autres à-côtés sont de la partie, venant casser un peu cette routine et les allers-retours parfois imposés par le scénario, comme la cuisine ou un petit jeu de cartes. Il ne faut pas non plus oublier l'équipement à modifier régulièrement pour profiter de meilleures stats, ou bien les nouvelles attaques à attribuer dès qu'elles se débloquent.
Ce qui nous amène au second pilier de Tales of Eternia, à savoir les combats. Pendant longtemps, les JRPG reposaient sur du tour par tour, mais la série de Bandai Namco a décidé de faire les choses différemment. Il est ainsi ici question d'affrontements en temps réel où le joueur contrôle son personnage et peut ou non donner une stratégie aux autres. La licence n'était pas encore passée à la 3D pour les combats, ils sont donc ici en 2D et sur un plan horizontal. Ils profitent toutefois déjà des marqueurs des Tales of, avec notamment les Artes qui sont en fait des coups spéciaux.
Du neuf avec du vieux
Les affrontements ne sont certes ici pas aussi flashy et profonds que sur les derniers épisodes, mais ils restent nerveux et satisfaisants à prendre en main. Il faut un peu d'expérimentation et de temps pour se faire à la 2D quand on est habitué à la 3D depuis tant d'années, mais on prend rapidement le coup. La difficulté de l'époque est toujours là, et même s'il n'est évidemment pas question de quelque chose d'insurmontable, il est important de garder du soin sur soi et le meilleur équipement possible. Ce qui nous rappelle une fois de plus à quel point l'approche de la difficulté a changé au fil des années.
S'il ne propose pas une refonte complète, ce remaster rajoute tout de même quelques petites fonctionnalités de qualité de vie particulièrement appréciables. On pense en premier lieu aux rencontres aléatoires qu'il est possible de réduire pour ne plus être agressé tous les trois pas, ce qui était le cas dans le jeu d'origine. Divers curseurs sont aussi de la partie et permettent de moduler à sa guise la difficulté, notamment du côté de l'expérience gagnée, tandis que les marqueurs d'objectifs évitent de tourner en rond sans trop savoir où aller.
Visuellement, on se retrouve évidemment sur quelque chose de très rétro. Malgré tout, le charme opère grâce à ce mélange de 3D (assez vilaine, il faut bien le dire) pour le monde et de 2D pour les personnages, ces derniers profitant de très jolis sprites en pixel art. Ils sont expressifs, leurs animations sont fluides et l'ensemble se montre très coloré et vivant, ce qui est aussi vrai pour les différents décors. Bref, autant de petits éléments qui donnent du charme et de la personnalité à l'aventure, même si on aurait aimé une petite refonte des menus tant ces derniers sont austères.