Test : Pragmata - PS5

Pragmata - PS5

Pragmata - PS5

Genre : Action aventure

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Après des années passées à jouer l’arlésienne en combinaison spatiale, Pragmata arrive enfin avec sa promesse la plus simple sous le bras : faire tirer, pirater et s’attacher à un duo improbable. Capcom signe une nouvelle licence compacte, nerveuse et étonnamment chaleureuse.

Test effectué à partir d'une version PC

Pragmata commence comme beaucoup de récits de science-fiction aiment commencer : une station lunaire, un silence pas normal, des couloirs trop propres et une intelligence artificielle, qui, visiblement, part en sucette. Hugh, astronaute en armure, se retrouve rapidement accompagné de Diana, petite androïde dont le pouvoir est celui de pouvoir hacker tous les systèmes à portée. Ensemble, ils doivent quitter une base transformée en piège métallique, avec tout ce que cela suppose de robots hostiles, de portes verrouillées et de mystères industriels.

Lune de miel avec les robots

Le premier bon point, et il n’est pas mince, tient dans la manière dont Capcom évite de faire de Diana un simple drone de fonction. Elle parle, réagit, questionne, s’inquiète et finit par donner du relief à un Hugh plus mutique, mais jamais totalement transparent. Leur relation prend une place centrale, sans tomber dans la grosse louche. L’aventure repose sur une dynamique de protection, de coopération et de confiance progressive, avec ce côté père et fille de substitution qui aurait pu devenir très lourdingue, mais reste suffisamment retenu pour fonctionner. Il y a bien quelques passages où le jeu appuie un peu sur la fibre sensible, surtout quand Diana découvre le monde humain à travers des fragments de station ou des souvenirs récupérés, mais l’ensemble garde une vraie pudeur.

Pragmata

Le scénario ne révolutionne pas le genre. Une IA déraille, une base se referme, l’humanité a encore joué avec des technologies qu’elle ne maîtrise pas complètement, et il faut remettre un peu d’ordre dans ce joli bazar lunaire. La vraie réussite vient plutôt de l’ambiance. Pragmata a ce goût de science-fiction japonaise à l’ancienne, mélange de gigantisme industriel, de froideur clinique et de petites étrangetés visuelles. La station passe par des zones de maintenance, des installations minières, des environnements urbains artificiels et même des sections en surface lunaire, ce qui permet d’éviter la monotonie du couloir blanc sur couloir blanc. Tout n’est pas également marquant, mais le jeu a le mérite de varier ses décors et ses situations sans étirer inutilement son propos.

Pragmata

C’est aussi là que Pragmata affirme son identité. Dans un marché où la moindre aventure solo semble parfois obligée de cocher la case monde ouvert, artisanat, saisons et boutique cosmétique, Capcom livre un jeu presque old school dans sa structure. On avance, on fouille, on améliore son équipement, on débloque de nouvelles zones, on affronte des vagues d’ennemis et on repart. Pas de gras, peu de détour, un rythme qui préfère la densité au gavage. Cette simplicité fait beaucoup de bien. Elle rappelle une époque où un jeu d’action pouvait durer une quinzaine d’heures, raconter ce qu’il avait à raconter, puis ranger sa combinaison sans demander un engagement trop fort.

Pragmata

Hack à sable mouvant

Le cœur de Pragmata, c’est son système de combat. Sur le papier, il s’agit d’un TPS assez classique. Hugh peut esquiver avec son armure, viser, changer d’arme, gérer ses distances et composer avec des ennemis qui aiment beaucoup trop lui foncer dessus dans des espaces réduits. Mais Diana vient se greffer à cette base en piratant les adversaires via une grille de nœuds à relier en temps réel. Pour faire simple, il faut ouvrir une route dans ce petit puzzle pendant que les ennemis continuent d’avancer, puis profiter de la faiblesse exposée pour faire parler l’artillerie.

Pragmata

Cette idée pourrait tourner au gadget pénible mais devient au contraire le moteur du jeu. Chaque combat demande de diviser son attention entre la lecture de l’arène, les déplacements de Hugh, le choix de l’arme, le timing de l’esquive et le tracé du piratage. Le résultat a quelque chose d’un jonglage assez grisant. Les premières minutes donnent l’impression de chercher son stylo pendant un contrôle de maths, puis les automatismes arrivent. On pirate un robot lourd, on glisse de côté, on casse son blindage, on recharge en reculant, on enchaîne sur un adversaire volant, et le jeu prend alors cette allure de partition nerveuse où le moindre faux pas peut s’avérer dangereux.

Pragmata

La grande force du système, c’est qu’il garde une sensation physique très nette. Les impacts répondent bien, les ennemis accusent les coups, et les phases de piratage ne coupent jamais complètement l’élan. Pragmata aurait pu être un shooter avec un mini-jeu collé dessus mais, en prenant un vrai risque, il réussit plutôt à faire croire que les deux dimensions sont indissociables. Les meilleurs affrontements ne récompensent pas seulement la précision, mais la capacité à garder son calme quand l’écran demande de réfléchir et de bouger en même temps. Ce n’est pas toujours parfaitement lisible, notamment quand plusieurs ennemis blindés remplissent l’arène et que les effets visuels se superposent, mais la boucle reste suffisamment solide pour donner envie de relancer une salle juste pour mieux la nettoyer.

Pragmata

Capcom accompagne cette mécanique avec un système d’améliorations bien pensé. Armes, capacités de Diana, options de survie, gestion des ressources, tout pousse à spécialiser un peu son approche sans enfermer le joueur dans une seule manière de faire. Pragmata ne devient jamais un RPG déguisé, mais il offre assez de latitude pour donner du relief à la progression. Certaines améliorations changent franchement le confort de jeu, surtout quand les ennemis commencent à combiner attaques à distance, protections renforcées et déplacements plus agressifs. On sent alors que le titre a été pensé pour monter en pression par strates, pas seulement en ajoutant des barres de vie.

Pragmata

Le revers de cette efficacité, c’est une certaine répétition sur la longueur. Le concept est excellent, mais Pragmata le sollicite beaucoup. Les nouvelles variantes d’ennemis et les environnements plus ouverts compensent en partie, sans empêcher quelques affrontements de ressembler aux précédents. Le jeu a beau être ramassé, il aurait gagné à introduire une ou deux idées plus franchement déstabilisantes dans son dernier tiers. On ne parle pas d’un effondrement, plutôt d’un petit tassement, comme si Capcom avait préféré polir son idée principale jusqu’à la brillance plutôt que prendre le risque de la tordre davantage.

Pragmata

Techniquement, Pragmata est propre, parfois superbe, mais pas toujours spectaculaire. La direction artistique fait le gros du travail, avec ses armures massives, ses robots fonctionnels, ses couloirs lunaires et ses panoramas spatiaux qui savent poser une ambiance sans hurler "regardez comme c’est beau". Le RE Engine continue de faire le boulot, notamment sur les animations, les surfaces métalliques et la stabilité générale. Sur les machines plus puissantes, le jeu profite surtout d’une image plus nette et d’un confort visuel supérieur, ce qui aide beaucoup dans les combats les plus chargés. 

En revanche, tout n’est pas également mémorable côté réalisation. Certaines zones manquent d’identité, quelques textures font un peu trop décor de laboratoire numéro 42, et la mise en scène reste parfois sage. Pragmata ne cherche pas la grande claque permanente. Il préfère garder une cohérence visuelle, avec des choix lisibles et une interface qui soutient bien la double action tir et piratage. C’est moins flamboyant qu’attendu après tant d’années d’attente, mais rarement décevant en main. La bande-son, elle, accompagne correctement l’aventure sans toujours imprimer un thème durable. Les bruitages, eux, s’en sortent mieux, surtout grâce aux impacts, aux bourdonnements de machines et aux signaux de piratage qui renforcent la sensation de manipuler quelque chose de concret.

Pragmata

Ce qui reste, au fond, c’est cette impression assez rare de jouer à une nouvelle licence qui sait pourquoi elle existe. Pragmata n’est ni le plus gros jeu de Capcom, ni le plus ambitieux en apparence, mais il possède une identité mécanique immédiatement reconnaissable. Sa campagne courte lui évite de se perdre, sa relation centrale lui donne un supplément d’âme, et son système de combat apporte assez de fraîcheur pour supporter ses petites redites. Il y a des défauts, bien sûr, mais ils ressemblent davantage aux limites d’un premier épisode qu’aux symptômes d’un jeu mal pensé.

Pragmata

Pragmata n’a pas passé toutes ces années dans l’ombre pour rien. Montrant une appétence au risque inattendue, Capcom livre une aventure de science-fiction compacte, attachante et surtout portée par un vrai concept de gameplay, celui d’un tir et d’un piratage qui apprennent à respirer ensemble. Tout n’est pas au même niveau, notamment côté variété et mise en scène, mais l’ensemble a suffisamment de cœur, de nerf et d’idées pour donner envie de voir cette nouvelle licence revenir très vite.
01 mai 2026 à 10h17

Par

Points positifs

  • Le duo Hugh et Diana
  • Le système de combat hybride
  • Une aventure dense et sans remplissage
  • Une direction artistique cohérente
  • Une nouvelle licence avec une vraie identité

Points négatifs

  • Une certaine répétition dans les affrontements
  • Quelques zones moins inspirées
  • Une mise en scène parfois trop sage
  • Des combats parfois chargés visuellement
  • Une bande-son correcte mais discrète

Gribouillé par...

Lorris

Lorris

Fin limier du mot

Jean-Claude Van Damme au corps, Jean-Claude Dusse dans la tête. C'est parfois l'inverse.

Twitter : @Yolorris

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