C'est la fin du monde. Oui, encore. Cette fois-ci, c'est la lune qui a décidé un beau jour de se décrocher et de tomber sur la Terre, parce qu'après tout pourquoi pas. Forcément, un tel impact est fatal pour tout le monde, et l'humanité a été éradiquée. C'est pourtant dans ce contexte que l'on fait connaissance avec Mary, une jeune fille amnésique devant répondre au téléphone. À l'autre bout du fil, ses interlocuteurs sont entre la vie et la mort, rongés par des regrets, et c'est à Mary de les apaiser pour leur permettre d'accueillir la grande faucheuse le cœur plus léger. Car Mary est leur confidente.
Léger tout ça, n'est-ce pas ? Dès le départ, on comprend que Schrödinger's Call ne nous fera pas voyager au pays des Bisounours avec ces sujets lourds abordés. Néanmoins, cela ne signifie pas pour autant que le joueur sera accablé du début à la fin par un flot de négativité. Les développeurs traitent ici toutes ces thématiques avec tact et en douceur, mais sans pour autant tenter de les édulcorer. Elles risquent évidemment de remuer les uns et les autres en fonction de leur propre passé, l'empathie étant clairement au cœur de tout ce bazar, mais étrangement on ne ressort pas de l'expérience le cœur lourd.
À l'autre bout du téléphone de Mary se trouvent plusieurs personnages très différents les uns des autres, et aux regrets également variés. Par exemple, et sans spoiler, le premier PNJ, Lucy, regrette de ne pas avoir passé plus de temps avec un être cher en particulier. Visual novel oblige, il n'y a toutefois pas de vrai gameplay ici, si ce n'est des choix à effectuer de temps à autres. Concrètement, non seulement Mary est amnésique, mais en plus les personnages ne racontent pas toute leur histoire en une seule fois, et il faut donc les aider à regagner eux aussi la mémoire. Ils restent souvent muets, obligeant le joueur à les guider en douceur pour qu'ils se révèlent un peu plus.
2B or not 2B
Là où ça pêche un peu, c'est dans les conclusions de ces histoires qui ne sont hélas pas très originales. On voit bien vite arriver les révélations qui ne surprennent jamais, même si ce n'est pas très grave. Car comme l'a dit on ne sait trop qui, ce n'est pas la destination qui compte, c'est le voyage. Et ici, le voyage, c'est toute l'empathie dont fait preuve Mary. Ce qui lui permet d'ailleurs de regagner peu à peu sa mémoire et de s'affirmer, elle qui est au départ plus qu'hésitante. Si jamais elle a des questions, elle peut toujours les poser à Hamlet, mystérieux chat qui l'accompagne. Chat noir, évidemment.
En plus de choisir les bons sujets à aborder au bon moment, le joueur doit utiliser le carnet de Mary pour progresser. Celui-ci se remplit automatiquement au fur et à mesure de la progression en jeu, avec des notes, des croquis ou encore des numéros de téléphone. Car l'histoire d'un personnage ne se termine pas en un seul appel, il est donc parfois nécessaire de le rappeler pour poursuivre. Il faut aussi appeler d'autres personnes qui leurs sont liées, appelées ici les ''tiers''. Comprenez par là : des interlocuteurs qui aideront à faire avancer le schmilblick.
Visuellement, Schrödinger's Call a une vraie patte graphique bien à lui. Tout est en noir et blanc avec des touches de couleurs de temps à autres ainsi qu'un aspect crayonné franchement réussi. La charadesign se montre également réussi, avec une Mary certes typée manga mais des interlocuteurs un peu plus originaux puisque prenant la forme d'animaux anthropomorphes. Bien sûr, les musiques collent parfaitement à l'ambiance, qu'elle soit globale ou pour chaque protagoniste. En revanche, impossible d'en profiter sans parler anglais, malheureusement.