Test : Mina The Hollower - Xbox One

Mina The Hollower - Xbox One
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Mina the Hollower déterre le passé, oui, mais il le mord, le secoue, puis s’en sert pour avancer.

Test effectué à partir d'une version PC

Mina the Hollower commence presque comme une évidence. Une héroïne minuscule, une île maudite, des générateurs à rallumer, une pluie de monstres et ce sentiment très agréable que Yacht Club Games n’a pas voulu refaire Shovel Knight avec une souris. Disponible depuis le 29 mai 2026, le jeu est signé et édité par le studio lui-même, avec une sortie pensée large, PC, Switch, Switch 2, PS5 et Xbox Series X/S, ce qui lui donne déjà des airs de petit événement indé.


Le principe tient pourtant en quelques boutons. Mina saute, frappe, esquive, explore et surtout creuse. Cette capacité à plonger dans le sol puis à ressortir en bondissant aurait pu n’être qu’un gimmick sympathique, du genre mécanique à bande-annonce. Mais elle devient très vite le cœur du jeu. On l’utilise pour franchir un trou, éviter une attaque, chercher un coffre, passer sous un danger ou simplement gagner ce dixième de seconde pour esquiver l’attaque mortelle d’un boss.

Mina the Hollower

Ce n’est pas toujours gracieux, d’ailleurs. Mina the Hollower aime faire mal tôt, vite et parfois un peu sèchement. Les premières zones ne laissent pas beaucoup de marge, les ennemis cognent fort, les pièges se mêlent volontiers aux combats et la moindre erreur de placement peut coûter cher. La mort renvoie au dernier point de repos avec les os, cette monnaie d’amélioration, abandonnés au sol. Revenir les récupérer devient alors une petite promenade nerveuse, surtout quand le chemin déjà connu se transforme en immense PTSD où rode l’ombre d’un certain Hidetaka Miyazaki.

Mina the Hollower

Souris-moi si tu peux

La bonne idée, c’est que la difficulté ne se contente pas de bomber le torse : elle sert l’aventure. Les armes principales, fouet, marteau ou dagues, changent vraiment la manière d’approcher un ennemi. Les armes secondaires et les breloques ajoutent une couche de personnalisation très appréciable, du projectile confortable au gadget plus tordu, en passant par de quoi encaisser un coup de trop. Mina the Hollower laisse donc bricoler sa petite cuisine, et c’est là qu’il devient beaucoup plus moderne que son apparence ne le laisse croire. Le jeu ressemble à un cousin sombre de Zelda sur Game Boy Color, mais il pense souvent comme un action-RPG contemporain, avec des raccourcis à débloquer, des routes alternatives, des secrets en pagaille et une progression qui repose moins sur la clé trouvée au bon endroit que sur l’attention du joueur.

On ne passe pas son temps à chercher l’objet obligatoire qui ouvre la porte obligatoire. On observe, on tente, on comprend, puis on se sent vaguement intelligent pendant cinq secondes. L’île de Ténébrande gagne ainsi en épaisseur à mesure que l’on s’éloigne du hub d’Ossex. Chaque zone a son caractère, ses sales coups, ses petites obsessions mécaniques. Marais, montagnes, zones industrielles ou passages plus labyrinthiques changent le rythme sans donner l’impression d’empiler des décors. La carte aime se replier sur elle-même, ouvrir un raccourci là où l’on pensait seulement avoir survécu, cacher un passage dans un coin qu’on avait traversé dix fois en regardant ailleurs. 

Mina the Hollower

Game Boy de velours

Visuellement, Mina the Hollower joue la carte du faux vieux avec une vraie élégance. La référence Game Boy Color saute aux yeux, mais le jeu ne se contente pas de poser quatre pixels verts et d’attendre que ça se passe. Les couleurs claquent, les silhouettes sont nettes, les animations ont du mordant et les boss, parfois massifs, restent compréhensibles même quand l’écran commence à s’agiter. La bande-son suit le même chemin. Jake Kaufman retrouve ce sens du thème qui s’imprime vite, et la présence de Yuzo Koshiro ajoute forcément un petit parfum de pedigree chiptune que l’on aurait tort de bouder. Les morceaux collent bien à l’aventure, accompagnent les zones sans les écraser et savent relancer l’énergie au moment où l’on recommence pour la sixième fois un passage.

Mina the Hollower

Les boss représentent assez bien ce que Mina the Hollower réussit le mieux. Ils demandent de lire les mouvements, de gérer la distance, de creuser au bon moment et de ne pas confondre vitesse et panique. Certains affrontements sont particulièrement inventifs, d’autres plus classiques, mais le jeu a presque toujours la décence de faire sentir pourquoi on a perdu. Presque, parce que quelques contacts un peu rugueux, quelques sauts mal alignés et quelques collisions avec des ennemis trop envahissants rappellent que cette base top-down, aussi bien retravaillée soit-elle, garde un petit héritage de raideur. Petite mention à l’attaque en diagonale des oiseaux qu’on aura absolument ADORÉ ne pas esquiver.

La frustration existe donc, et elle n’est pas uniquement théorique. Mina a beau être précise, elle peut aussi se montrer capricieuse quand le relief, les trous et les ennemis se disputent le même carré de pixels. Quelques séquences obligatoires après les boss, notamment autour des générateurs, tirent un peu sur la corde et semblent moins brillantes que le reste, comme si le jeu voulait absolument remettre une pièce dans la machine alors que la séance de sport vient de se terminer. 

Mina the Hollower

Heureusement, Yacht Club Games a prévu de quoi arrondir ou durcir les angles. Les modificateurs permettent d’ajuster la difficulté, la résistance, les checkpoints ou même certaines règles de comportement ennemi. Il ne s’agit pas d’un simple mode facile collé dans un menu par obligation, mais d’une vraie boîte à réglages. Certains diront que c’est de la « triche », d’autres y verront une bénédiction. Cette souplesse ne gomme pas l’identité du jeu. Mina the Hollower reste une aventure exigeante, parfois sèche, mais rarement gratuite. Surtout, elle ne confond pas densité et remplissage. Les secrets ne sont pas là pour cocher une liste interminable, les coffres ont souvent une vraie utilité, les breloques changent quelque chose et les détours donnent régulièrement l’impression de gratter sous la surface du monde, ce qui tombe plutôt bien pour une héroïne dont le métier consiste précisément à fouiller le sol. 

Mina the Hollower

C’est aussi pour cela que le phénomène autour du jeu n’a rien de si surprenant. Derrière son allure modeste, Mina the Hollower a cette petite odeur de jeu indé qui déborde de son cadre, celui que l’on croyait réservé aux nostalgiques avant de constater qu’il parle surtout aux joueurs qui aiment qu’un monde les récompense pour leur curiosité. Cette réception très enthousiaste, jusqu’à le placer parmi les titres les mieux accueillis de l’année, raconte moins une hype soudaine qu’un plaisir assez rare : celui de découvrir un jeu visiblement petit, mais conçu avec une ambition énorme.

Mina the Hollower

Tout n’est pas impeccable, donc. La navigation peut parfois laisser un peu trop de liberté sans assez de direction, ce qui transforme deux minutes d’exploration en quart d’heure de doute existentiel. Certains joueurs venus chercher un Zelda confortable risquent aussi de tomber sur un rongeur nettement plus mal luné que prévu. Mais ces réserves pèsent peu face à la cohérence générale. Mina the Hollower sait ce qu’il veut être, et c’est déjà plus que beaucoup de jeux trois fois plus gros.

Mina the Hollower

Mina the Hollower est une réussite franche, un jeu rétro qui ne mendie pas l’indulgence rétro. Son charme vient autant de son pixel art que de sa manière de pousser le joueur à apprendre, fouiller, adapter son équipement et accepter quelques baffes bien senties. Il y a des aspérités, parfois même des moments un peu crispants, mais l’ensemble avance avec une telle assurance qu’on finit par lui pardonner ses morsures.
12 juin 2026 à 15h29

Par

Points positifs

  • Une exploration dense et gratifiante
  • La mécanique de creusement, simple et brillante
  • Des combats exigeants mais stimulants
  • Une direction artistique rétro très lisible
  • Beaucoup d’options de personnalisation et de confort

Points négatifs

  • Quelques collisions frustrantes
  • Des passages de plateformes parfois raides
  • La navigation peut perdre un peu trop le joueur
  • Certaines séquences obligatoires moins inspirées
  • Un niveau de défi pas forcément accueillant pour tout le monde

Gribouillé par...

Lorris

Lorris

Fin limier du mot

Jean-Claude Van Damme au corps, Jean-Claude Dusse dans la tête. C'est parfois l'inverse.

Twitter : @Yolorris

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