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Développé par Behold Studios, à qui l'on doit notamment Knights of Pen & Paper et Chroma Squad, Deep Dish Dungeon propose une aventure assez particulière. Mélange de dungeon crawler, de survie et de crafting, le titre édité par Raw Fury mise avant tout sur l'exploration et la découverte. Une proposition intéressante, malgré quelques maladresses dans son exécution.
Test effectué à partir d'une version PC
Deep Dish Dungeon débute sans véritable mise en contexte. Après une courte introduction, notre personnage se retrouve dans un immense réseau souterrain, avec pour seule perspective de découvrir les secrets qui s'y cachent. Le jeu ne s'embarrasse pas de longues explications et laisse rapidement le joueur se débrouiller avec les moyens du bord. Quelques objets à ramasser, une torche à fabriquer et les premiers mécanismes à comprendre suffisent à lancer l'aventure.
Un donjon à explorer le ventre plein
Le fonctionnement repose sur une boucle assez simple. Il faut explorer les différentes salles, récupérer des ressources, fabriquer de nouveaux équipements et retourner régulièrement au campement pour préparer les prochaines expéditions. La survie occupe une place importante puisque la nourriture et l'hydratation déterminent directement les capacités du personnage. Manger permet notamment d'augmenter ses points de vie, tandis que boire contribue à maintenir une réserve d'endurance suffisante. La cuisine constitue donc une mécanique centrale. Les premiers aliments se limitent à quelques pommes et champignons grillés, mais de nouvelles recettes deviennent progressivement accessibles. Les plats préparés offrent des bénéfices différents, ce qui encourage à expérimenter avec les ingrédients récupérés dans les souterrains. Le système rappelle celui de Valheim, même si son exploitation reste finalement assez classique.
Le crafting fonctionne sur un principe similaire. Un établi permet de fabriquer des outils, des armes ou des éléments destinés à améliorer le campement. Chaque nouvel équipement facilite l'exploration et donne accès à des possibilités supplémentaires. Cette progression fonctionne particulièrement bien, car les découvertes se traduisent régulièrement par de nouvelles interactions avec l'environnement. Mais la principale réussite de Deep Dish Dungeon reste incontestablement son level design. Contrairement aux donjons générés aléatoirement, celui-ci a été entièrement conçu à la main. Les salles communiquent entre elles, les passages se croisent et les raccourcis permettent progressivement de mieux comprendre l'organisation des lieux. L'exploration repose également sur des énigmes environnementales particulièrement réussies. Déplacer des caisses, installer des cordes, manipuler certains mécanismes ou trouver comment atteindre une plateforme constitue une bonne partie de l'expérience. Les solutions ne sont pas systématiquement évidentes et certaines demandent une véritable observation des décors. Le jeu récompense ainsi la curiosité plutôt que la simple accumulation d'équipements.
Une aventure qui manque parfois de précision
Cette liberté possède néanmoins quelques contreparties. Deep Dish Dungeon ne propose aucune carte traditionnelle et fournit très peu d'indications concernant la progression. Il arrive donc régulièrement de tourner en rond, parfois pendant de longues minutes, à la recherche d'un passage oublié ou d'un objet indispensable. Si cette approche participe au plaisir de la découverte, elle peut également devenir frustrante.
Le système de combat représente une autre faiblesse. Les affrontements reposent sur des attaques relativement basiques, l'utilisation d'un bouclier et la gestion de l'endurance. Les ennemis, parmi lesquels figurent des squelettes, des chauves-souris et diverses créatures souterraines, peuvent rapidement devenir dangereux. Pourtant, les combats manquent de précision, notamment concernant la portée des coups et les collisions. Certaines attaques semblent toucher sans raison évidente, tandis que d'autres passent à côté de leur cible. La réapparition parfois rapide des adversaires accentue également la répétitivité. Nettoyer une zone demande des efforts qui peuvent sembler inutiles lorsque les ennemis reviennent peu après. Le système d'inventaire, assez limité dans les premières heures, oblige de son côté à multiplier les allers-retours pour déposer les matériaux récupérés.
Heureusement, Deep Dish Dungeon prend une autre dimension en coopération. Jouable jusqu'à trois personnes en ligne, l'aventure encourage naturellement à partager les ressources, préparer les expéditions et réfléchir collectivement aux énigmes. La présence de plusieurs aventuriers facilite également certains affrontements. C'est probablement dans cette configuration que le titre dévoile le mieux ses qualités.
Visuellement, Behold Studios a opté pour une réalisation volontairement rétro, avec des environnements en 3D aux textures pixelisées et une géométrie relativement simple. Le résultat possède un charme certain, notamment grâce à une gestion de la lumière particulièrement importante. Sans torche, certaines zones deviennent totalement obscures, ce qui renforce efficacement l'ambiance oppressante des souterrains. L'environnement sonore accompagne cette direction artistique avec discrétion. Les bruits ambiants et les manifestations des créatures contribuent à installer une atmosphère convaincante. En revanche, les animations restent assez rudimentaires et les interactions manquent parfois de souplesse, particulièrement à la manette. L'interface et certaines manipulations auraient mérité davantage de finition.
Deep Dish Dungeon réussit l'essentiel grâce à son exploration particulièrement gratifiante, ses énigmes intelligentes et son donjon soigneusement construit. La progression repose davantage sur l'observation et la compréhension de l'environnement que sur les combats, ce qui lui donne une véritable personnalité. Malgré une réalisation perfectible, une ergonomie parfois contraignante et quelques frustrations liées à la survie, le jeu de Behold Studios constitue une belle découverte, particulièrement pour les amateurs d'aventures coopératives.