La première prise en main a quelque chose de très familier quand on connait un peu la gamme des Aerox. SteelSeries n’a pas cherché à transformer son Aerox 3 en objet de rupture, ni même à faire oublier les versions précédentes. On retrouve donc cette coque alvéolée, ce gabarit compact et cette forme pensée avant tout pour les droitiers qui jouent en claw grip ou en fingertip. Les grandes mains pourront s’y faire, mais elles auront vite l’impression de tenir un périphérique un peu court, surtout en palm grip. Ce n’est pas un défaut rédhibitoire, plutôt une affaire de morphologie.
Avec ses 68 grammes, elle reste dans la catégorie des souris légères, sans aller taquiner les modèles les plus extrêmes du moment. En 2026, certains concurrents passent sous les 55 grammes, parfois avec un taux de polling encore plus élevé, mais
SteelSeries garde une approche moins radicale. La souris conserve assez de matière pour donner une sensation correcte en main, même si la coque trouée ne fera jamais l’unanimité. Le plastique ne donne pas l’impression d’un produit premium au premier contact, mais l’ensemble se montre proprement assemblé et suffisamment rigide pour une utilisation quotidienne.
Quelques modèles précédents avaient pu souffrir de petites critiques sur la flexion ou le ressenti général, la
Gen 2 paraît ici plus sérieuse et mieux posée. L’éclairage RGB à trois zones profite beaucoup de cette coque perforée, avec un rendu franchement lumineux. C’est joli, presque trop voyant sur un bureau sobre, mais jamais complètement gratuit.
SteelSeries sait encore faire du périphérique qui attire l’œil de la bonne manière. Les patins en PTFE glissent bien, avec une sensation rapide mais contrôlable. Sur un tapis tissu classique, la souris part vite, s’arrête proprement et ne donne pas cette impression de flottement que l’on retrouve parfois sur les modèles ultralégers trop nerveux.
La protection AquaBarrier certifiée IP54 reste également de la partie. Une souris pleine de trous qui résiste aux éclaboussures et à la poussière, voilà le genre de contradiction amusante que SteelSeries assume depuis quelque temps. Personne ne recommandera de lui verser un café dessus pour vérifier l’argument, mais cette protection rassure sur un châssis ouvert, notamment pour celles et ceux qui mangent, boivent et jouent au même endroit, c’est-à-dire beaucoup trop de monde. Les interrupteurs mécaniques annoncés pour 80 millions de clics offrent un retour net, assez sec, sans sensation spongieuse. Le clic principal répond bien, la molette crantée fait son travail, et les deux boutons latéraux tombent naturellement sous le pouce, même si leur course manque un peu de personnalité. La vraie nouveauté se cache évidemment dans la partie technique. La SteelSeries Aerox 3 Wireless Gen 2 embarque un capteur TrueMove 26K capable de monter à 26 000 DPI. Dans la pratique, la souris brille davantage par la propreté de son suivi que par cette limite théorique. À des sensibilités normales, elle se montre précise, stable et parfaitement adaptée aux FPS rapides comme aux jeux plus posés. Les mouvements amples passent sans décrochage, les micro-ajustements ne donnent pas l’impression de lutter contre une correction logicielle invisible, et la cohérence générale inspire confiance.
Le polling rate sans fil à 4000 Hz est l’autre gros argument de cette Gen 2. Sur le papier, la souris communique donc quatre fois plus souvent qu’un modèle sans fil classique à 1000 Hz. Dans les faits, le gain existe, surtout sur un écran à très haut taux de rafraîchissement et dans les jeux compétitifs où chaque mouvement de poignet finit par devenir une obsession. Sur un écran 144 Hz ou pour un usage plus polyvalent, la différence sera moins évidente, voire presque imperceptible. Le bon côté, c’est que SteelSeries laisse le choix. En 2,4 GHz à 1000 Hz, la souris promet jusqu’à 120 heures d’autonomie. En Bluetooth, on grimpe jusqu’à 200 heures, ce qui en fait une compagne crédible pour passer du PC fixe au laptop sans sortir un second périphérique. En 4000 Hz, l’autonomie tombe beaucoup plus bas, autour de 35 heures dans plusieurs mesures, ce qui reste jouable mais impose de surveiller plus régulièrement la batterie. Ce n’est pas dramatique, car la recharge en USB-C permet de continuer à jouer en filaire. Cette polyvalence de connexion fait partie de ses bons points. Le dongle 2,4 GHz assure la réactivité attendue en jeu, le Bluetooth dépanne très bien pour la bureautique ou un second appareil, et le câble USB-C reste disponible en secours. En revanche, l’absence de logement interne pour ranger le récepteur paraît toujours aussi mesquine. Sur une souris qui peut accompagner un ordinateur portable, ce petit oubli se paie tôt ou tard au fond d’un sac. Le câble et l’adaptateur fournis aident à placer le dongle au bon endroit sur le bureau, mais ils ne règlent pas ce problème de transport.
Le logiciel SteelSeries GG reste complet, parfois trop. Il permet de régler la sensibilité, le polling rate, les profils, le RGB, la distance de décrochage et les commandes des six boutons programmables. L’ensemble fonctionne, les réglages sont nombreux, et l’intégration de l’Aim Trainer peut servir à celles et ceux qui aiment calibrer leur sensibilité avec un minimum de méthode. En revanche, GG garde ce côté plateforme un peu encombrée, avec davantage de sections et de sollicitations qu’il n’en faut pour simplement régler une souris. Le périphérique est simple, le logiciel l’est moins.
En jeu, l’Aerox 3 Wireless Gen 2 montre surtout une belle constance. Sur des FPS, sa légèreté facilite les grands mouvements, les patins assurent une glisse fluide et le capteur ne se fait jamais remarquer, ce qui est généralement le meilleur compliment possible pour ce genre de composant. Sur des MOBA ou des jeux d’action, les boutons restent suffisants, mais les amateurs de MMO auront vite besoin de plus d’entrées. On parle ici d’une souris pensée pour viser, cliquer, bouger vite et rester légère, pas d’un pavé de raccourcis pour rotations de compétences. Les profils peuvent dépanner, mais ils ne remplaceront pas une vraie souris spécialisée. Le confort se montre bon sur les longues sessions, à condition d’adhérer à la forme. La coque ajourée peut gêner certains doigts, en particulier ceux qui préfèrent les surfaces pleines et lisses. D’autres apprécieront au contraire la prise plus aérée et le poids contenu. La souris ne chauffe pas, ne colle pas trop à la paume, et garde une vraie sensation de vivacité. Son équilibre est réussi, sans arrière trop lourd ni avant fuyant. Le centre de gravité se fait oublier assez vite, et c’est précisément ce que l’on attend d’une souris destinée à des gestes répétés pendant plusieurs heures.