En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l'installation et l'utilisation de cookies sur votre poste, notamment à des fins promotionnelles et/ou publicitaires, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée.
Avec sa Kiyo V2 Pro, Razer entend franchir un nouveau cap sur le marché des webcams haut de gamme. Au programme, un capteur Sony STARVIS 2, de la 4K à 60 images par seconde et une bonne dose de fonctionnalités intelligentes. Le tout pour 319,99 euros, un tarif qui impose forcément quelques exigences.
La Kiyo V2 Pro reprend les grandes lignes esthétiques de la Kiyo V2, avec un design relativement sobre et un imposant objectif installé au centre d'un boîtier noir. Pas de RGB, pas d'anneau lumineux intégré, Razer privilégie ici une apparence assez professionnelle. La construction inspire confiance, avec des plastiques de bonne qualité et un assemblage sérieux. En revanche, la webcam est loin d'être discrète. Avec un poids avoisinant les 380 grammes et des dimensions généreuses, elle occupe une place non négligeable au-dessus d'un écran. Sur un moniteur classique, cela ne pose généralement pas de difficulté, mais les possesseurs d'écrans particulièrement fins devront vérifier la stabilité de l'ensemble.
Le système de fixation repose sur un support en L, suffisamment polyvalent pour s'adapter à différentes installations. Il est possible d'ajuster l'inclinaison et l'orientation de la caméra, tandis qu'un filetage standard de 1/4 de pouce permet de la monter sur un trépied ou un bras articulé. Cette dernière possibilité est particulièrement intéressante pour les créateurs qui souhaitent présenter des produits ou réaliser des séquences filmées depuis un autre angle. En revanche, contrairement à certaines webcams concurrentes, la Kiyo V2 Pro ne possède pas de nacelle motorisée permettant de suivre physiquement les déplacements de son utilisateur.
Razer conserve également l'obturateur de confidentialité intégré à l'objectif. Il suffit de faire pivoter la bague pour masquer physiquement le capteur. C'est simple, rapide et surtout rassurant lorsque la webcam reste branchée toute la journée. La connexion s'effectue en USB-C, avec une interface USB 3.0 nécessaire pour profiter des modes vidéo les plus exigeants. Il faudra donc disposer d'un port suffisamment performant, certains branchements pouvant limiter les résolutions et fréquences accessibles.
Sous ce gros boîtier se cache un capteur Sony STARVIS 2 de 8,3 mégapixels, au format 1/1,8 pouce, accompagné d'une optique ouvrant à f/1.9. Le champ de vision atteint 86 degrés, contre 93 degrés sur la Kiyo V2 classique. Ce cadrage légèrement resserré permet de conserver une vue suffisamment large pour montrer une partie de son environnement, sans exagérer la déformation sur les bords de l'image. Un zoom numérique est également disponible pour ajuster la composition sans déplacer physiquement la caméra. Mais la principale évolution concerne évidemment la capture vidéo. Là où la Kiyo V2 se limitait à de la 4K à 30 images par seconde, cette déclinaison Pro double la fréquence pour atteindre 60 FPS. Une différence qui se remarque immédiatement dans la fluidité des mouvements, notamment lorsque l'utilisateur tourne la tête, effectue des gestes rapides ou présente un objet devant l'objectif. Le rendu gagne en naturel et les mouvements paraissent moins saccadés, tout en conservant une excellente définition.
En matière de qualité d'image, la Kiyo V2 Pro se positionne clairement parmi les webcams les plus convaincantes de sa catégorie. Les détails du visage sont bien retranscrits, les textures restent lisibles et la colorimétrie propose un résultat globalement naturel. Les tons de peau sont correctement reproduits, sans cette tendance à lisser excessivement les traits que l'on rencontre encore sur certaines caméras. La netteté est également appréciable pour les enregistrements en plein écran, lorsque la webcam ne se contente plus d'occuper une petite fenêtre dans un stream. Le capteur STARVIS 2 montre aussi son intérêt dans les conditions de luminosité moins favorables. Lorsque la lumière ambiante diminue, la caméra parvient à conserver une image relativement propre, avec un bruit numérique bien contenu. Il reste évidemment préférable de disposer d'un éclairage frontal correct pour obtenir un rendu optimal, mais la Kiyo V2 Pro se montre moins dépendante d'une installation lumineuse sophistiquée qu'une webcam d'entrée de gamme. La gestion automatique de l'exposition contribue également à maintenir un visage correctement éclairé lorsque les conditions changent.
La webcam propose par ailleurs un mode HDR destiné à mieux gérer les scènes présentant d'importants écarts de luminosité. C'est notamment utile lorsque l'on se trouve devant une fenêtre ou avec une source lumineuse particulièrement forte en arrière-plan. Les zones claires conservent davantage de détails, tandis que les parties sombres restent plus lisibles. Il existe néanmoins une limitation importante puisque le HDR fonctionne jusqu'à 30 FPS. Impossible, donc, de profiter simultanément de la 4K à 60 FPS et de cette plage dynamique étendue. Il faudra choisir entre la fluidité maximale et une meilleure gestion des contrastes.
Comme souvent avec Razer, une bonne partie de l'expérience repose sur l'écosystème logiciel. La Kiyo V2 Pro fonctionne avec Razer Synapse, qui donne accès à un ensemble particulièrement complet de paramètres. Résolution, fréquence d'images, exposition, balance des blancs, ISO, vitesse d'obturation, netteté ou encore saturation peuvent être ajustés individuellement. Les utilisateurs qui souhaitent simplement obtenir une image correcte peuvent conserver les réglages automatiques, tandis que les plus exigeants disposent d'une marge de personnalisation intéressante.
Cette souplesse permet notamment de créer une configuration adaptée à son environnement. Avec un éclairage fixe, le verrouillage de certains paramètres évite les petites variations d'exposition ou de température de couleur pendant un enregistrement. À l'inverse, les automatismes se révèlent utiles lorsque l'on passe régulièrement d'une pièce à une autre ou que les conditions lumineuses évoluent. La fonction d'amélioration d'image en un clic ajuste plusieurs paramètres simultanément, notamment l'exposition, la balance des blancs et la réduction du bruit. Le résultat constitue une bonne base, même si quelques ajustements manuels restent parfois nécessaires pour obtenir une image vraiment équilibrée.
L'autofocus propose également plusieurs comportements. Un mode privilégie la stabilité afin d'éviter les changements de mise au point intempestifs, tandis qu'un autre réagit plus rapidement lorsqu'un nouvel élément apparaît dans le cadre. Pour un streamer qui reste principalement assis devant son écran, le premier mode semble particulièrement adapté. Les créateurs qui présentent régulièrement des objets apprécieront davantage le second. La mise au point fonctionne globalement correctement, même si le passage d'un sujet à un autre peut prendre un petit moment et reste parfois perceptible dans l'image. Razer accompagne également sa webcam d'une licence à vie pour Camo Studio Pro, ce qui représente un avantage appréciable compte tenu du prix habituel du logiciel. Ce dernier vient compléter Synapse avec des fonctionnalités davantage orientées vers la production vidéo. On retrouve notamment la gestion des arrière-plans, le flou artificiel, les incrustations, les ajustements avancés de l'image et plusieurs possibilités de composition.
Le logiciel permet également d'utiliser le cadrage automatique assisté par intelligence artificielle. Ce suivi intelligent repose sur des mouvements numériques de panoramique, d'inclinaison et de zoom à l'intérieur de l'image capturée. La webcam peut ainsi conserver le sujet au centre du cadre lorsqu'il se déplace légèrement, sans nécessiter de moteur. Le système fonctionne plutôt bien pour les mouvements habituels devant un bureau, mais conserve forcément les limites d'un suivi logiciel. Une caméra motorisée reste plus polyvalente pour les déplacements importants ou les cadrages particuliers. L'utilisation du zoom numérique réduit également la portion du capteur réellement exploitée, avec une perte progressive de définition lorsque le recadrage devient trop important.
Le principal reproche concerne finalement la multiplication des logiciels. Synapse suffit pour les réglages essentiels, mais Camo Studio devient rapidement nécessaire pour accéder à certaines fonctionnalités avancées. Ce fonctionnement n'est pas insurmontable, mais il ajoute une couche de complexité à un périphérique pourtant vendu comme une solution relativement simple à installer. L'intégration dans OBS peut également demander quelques manipulations supplémentaires, avec des comportements parfois perfectibles selon la configuration employée. Autre particularité, la Kiyo V2 Pro ne possède aucun microphone intégré. Le choix peut surprendre sur un produit aussi coûteux, d'autant que la Kiyo V2 classique en était équipée. Razer considère manifestement que les utilisateurs visés disposent déjà d'un microphone USB, XLR ou d'un casque adapté. Pour le streaming, ce raisonnement se défend parfaitement, mais il oblige les personnes qui souhaitent utiliser la webcam pour de simples visioconférences à prévoir une solution audio séparée.
Reste enfin la question du positionnement tarifaire. À 319,99 euros, cette Kiyo V2 Pro coûte sensiblement plus cher que la Kiyo V2 classique, tout en conservant une bonne partie de ses fonctionnalités. Le passage à la 4K à 60 FPS, les améliorations apportées à la capture et les possibilités logicielles constituent de vrais arguments, mais ils ne seront pas indispensables à tout le monde. Pour des réunions sur Teams, Discord ou Zoom, une webcam plus abordable restera largement suffisante. En revanche, pour un créateur qui enregistre régulièrement des vidéos, réalise des présentations de produits ou souhaite améliorer son installation de streaming, la proposition devient nettement plus intéressante.
La qualité d'image permet d'ailleurs d'envisager des usages qui dépassent largement la simple visioconférence. Le signal 4K offre une bonne liberté de recadrage pour produire une vidéo finale en 1080p, avec la possibilité de varier les plans sans déplacer la caméra. La capture à 60 FPS apporte également un confort supplémentaire lorsque les mouvements sont nombreux. Pour autant, la Kiyo V2 Pro ne remplace pas totalement un appareil photo dédié, notamment en matière de choix d'objectifs, de profondeur de champ naturelle ou de liberté de placement. Elle constitue surtout une alternative très pratique pour ceux qui souhaitent limiter le matériel nécessaire à leur installation.
La Razer Kiyo V2 Pro est une excellente webcam qui mise avant tout sur la qualité de son image et la richesse de ses réglages. La 4K à 60 FPS, les performances en basse lumière et l'apport de Camo Studio Pro en font un outil particulièrement intéressant pour les créateurs de contenu. Son encombrement, l'absence de microphone, quelques contraintes logicielles et surtout son prix élevé l'empêchent toutefois de convenir à tous les profils.