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Keychron G5, comme toutes les bonnes élèves du moment, propose une forme symétrique, retire tout ce qui peut peser trop lourd et place à l’intérieur une fiche technique en phase avec les joueurs relativement exigeants. Le résultat est une souris de taille moyenne, longue de 120 mm, large de 63 mm et haute de 39 mm. Le premier contact est évidemment dominé par le poids. Ou plutôt l’absence de poids. Avec seulement 43 grammes sur la balance, la
G5 se manipule avec une facilité presque déconcertante. On la pousse, on la lève, on la replace et elle suit sans opposer la moindre inertie. Pour les joueurs habitués à des souris plus anciennes, parfois proches des 80 ou 90 grammes, le changement peut choquer. En bien, évidemment.
La marque utilise une construction mêlant base ABS et éléments en fibre de carbone pour le dessus et les boutons principaux, et le matériau apporte une rigidité appréciable. La coque ne donne pas l’impression de vouloir se plier et surtout elle évite l’effet creux parfois rencontré sur certaines souris pensées uniquement pour gagner quelques grammes. La finition noire reste sobre, presque austère, avec un motif inspiré du nid d’abeille gravé sur la surface pour améliorer l’adhérence. Il ne s’agit donc pas de trous, juste d’un relief discret qui aide les doigts à rester en place.
La forme, elle, mérite davantage de prudence. La G5 possède un renflement central assez modéré, avec une taille plus étroite que celle de certaines concurrentes. Cette approche favorise les prises en claw grip et fingertip grip, où l’on garde une grande liberté dans les doigts et le poignet. Les mouvements rapides deviennent naturels, notamment dans les FPS nerveux. En revanche, les adeptes d’une prise palm grip très posée, ou les joueurs aux grandes mains, pourraient regretter un peu plus de matière sous la paume. L’ensemble ne manque pas de confort, il demande simplement une main compatible. Il faut également éviter de confondre forme symétrique et vraie souris ambidextre. La G5 reste principalement pensée pour une utilisation de la main droite, notamment à cause de ses boutons latéraux placés sur le flanc gauche. Les gauchers peuvent techniquement l’utiliser, mais ils devront faire sans raccourcis accessibles au pouce. C’est un peu dommage pour une souris dont la silhouette semblait inviter tout le monde à la fête.
Les clics principaux reposent sur des micro-interrupteurs Huano annoncés pour 120 millions d’activations. Ils offrent un retour net, sec, suffisamment ferme pour éviter les pressions accidentelles. La molette ne cherche pas à faire du bruit pour exister. Elle se montre classique, régulière et suffisamment précise pour les changements d’armes, le défilement de pages ou les inventaires interminables. Les boutons latéraux sont bien placés pour une prise en claw, mais leur position peut nécessiter un court temps d’adaptation avec une prise plus ample. Sous la coque, la G5 embarque le capteur PixArt PAW3950, un composant désormais bien connu dans le haut de gamme, capable de monter jusqu’à 30 000 DPI, de suivre des vitesses élevées et de fonctionner sur du verre. La présence de ce capteur garantit surtout un suivi propre, stable et précis aux sensibilités réellement utilisées. Sur un FPS, les petits ajustements restent lisibles, les déplacements brusques ne provoquent pas de décrochage et les levers de souris sont correctement gérés grâce au réglage de la distance de décollage.
Le gros argument marketing reste naturellement le polling rate de 8 000 Hz. La G5 peut envoyer jusqu’à 8 000 rapports par seconde en connexion filaire ou via le dongle 2,4 GHz. Sur une configuration solide, associée à un écran à haut taux de rafraîchissement, la sensation de fluidité existe bel et bien. Le curseur semble légèrement plus directement relié à la main, particulièrement lors des grands mouvements rapides. Nous l’avons déjà dit sur d’autres périphériques, mais entre 1 000 Hz et 8 000 Hz l’écart ne transformera pas un joueur moyen en phénomène de Counter-Strike. La différence se ressent surtout dans un environnement déjà très haut de gamme.
La bonne nouvelle, c’est qu’en jeu la G5 se montre extrêmement réactive, avec une liaison sans fil qui ne donne aucun signe de faiblesse et une précision parfaitement adaptée aux titres compétitifs. Le faible poids fait aussi une différence concrète sur les longues sessions. Les balayages répétés demandent moins d’effort, les mouvements de recentrage deviennent instinctifs et l’on ressent moins cette fatigue dans le poignet. La G5 propose trois modes de connexion. Le Bluetooth 5.3 permet de l’utiliser facilement avec un ordinateur portable ou une machine de travail. Le 2,4 GHz reste le choix évident pour jouer, avec son récepteur dédié et ses meilleures performances. Enfin, le câble USB-C transforme la souris en modèle filaire lorsque la batterie fatigue ou lorsqu’il faut éliminer toute variable avant une partie un peu trop sérieuse. Cette polyvalence est agréable, même si le Bluetooth reste logiquement limité à un polling rate beaucoup plus bas. C’est très bien pour naviguer, travailler ou répondre à des messages, beaucoup moins pertinent pour jouer à haut niveau.
L’autonomie constitue le compromis attendu. Une batterie de 500 mAh permet à la G5 de tenir très longtemps en Bluetooth ou en 2,4 GHz à 1 000 Hz, avec des chiffres annoncés autour de 153 heures dans ce dernier cas. En montant à 4 000 Hz, l’endurance descend fortement, et le mode 8 000 Hz demande forcément de sortir le câble plus régulièrement. Pour un usage quotidien, conserver 1 000 Hz reste sans doute le réglage le plus raisonnable. Enfin, côté logiciel, Keychron mise sur Launcher, son outil accessible depuis un navigateur. Il permet de revoir les assignations, d’ajuster la sensibilité, le polling rate ou encore certains réglages de comportement. L’approche a le mérite d’éviter l’installation d’une usine à gaz qui vient s’ajouter au démarrage de Windows. Le revers, c’est que l’interface paraît plus fonctionnelle que séduisante, mais pour une souris avec peu de boutons cela reste largement suffisant.