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Test du Logitech G512 X
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Avec le G512 X, Logitech tente de faire cohabiter switches mécaniques et commandes analogiques sur un même clavier. Une idée ambitieuse, parfois inutilement compliquée, mais qui produit aussi l’un des périphériques gaming les plus intéressants de sa gamme récente.
Disponible en versions 75 et 98 touches, le Logitech G512 X adopte un positionnement assez inhabituel. Il ne s’agit pas vraiment d’un clavier mécanique classique, ni d’un modèle intégralement analogique. Sa technologie Dual Swap permet plutôt de mélanger ces deux familles de switches sur certaines touches en fonction des jeux, des habitudes ou du temps disponible pour bricoler son clavier avant de lancer une partie. La version 98 touches conserve un pavé numérique tout en réduisant légèrement les espaces entre les différents blocs. Elle reste donc suffisamment compacte pour libérer un peu de place à la souris, sans sacrifier les touches utiles pour travailler, naviguer dans des menus ou entrer frénétiquement des chiffres dans un tableur. Avec ses 386 mm de largeur, ses 150 mm de profondeur et son poids proche du kilogramme, il est préférable de le laisser sur le bureau plutôt que de vouloir le trimballer un peu partout.
Visuellement, Logitech abandonne le noir intégral et les formes très sages de certains anciens modèles. Le G512 X mélange une silhouette inspirée du matériel informatique des années 1980 avec des accents plus modernes. Une longue barre lumineuse RGB traverse la partie supérieure du clavier. Elle complète l’éclairage individuel des touches et peut être configurée dans G Hub. Deux molettes sont également présentes sur la version 98 touches. Par défaut, l’une règle le volume sonore et l’autre la luminosité, mais leurs fonctions peuvent être modifiées. Elles tombent facilement sous la main et apportent une touche pratique à un design qui aurait autrement pu se perdre dans ses seules ambitions techniques. Les touches sont équipées de capuchons en PBT à double injection. Le plastique résiste mieux au lustrage que l’ABS généralement utilisé sur les claviers moins coûteux, tout en offrant une surface légèrement texturée et agréable sous les doigts. Les légendes restent lisibles lorsque l’éclairage est désactivé et le profil traditionnel évite d’imposer une longue période d’adaptation. Logitech ne réinvente pas la frappe, ce qui constitue ici une qualité.
La construction repose en revanche très largement sur du plastique. Le clavier ne donne pas l’impression de devoir se désintégrer trop rapidement, mais son châssis peut légèrement fléchir lorsqu’une pression importante est exercée sur les coins ou au centre. À 219,99 euros pour la version 98 touches, la comparaison avec certains concurrents dotés de coques métalliques ou de structures plus rigides n’est pas franchement flatteuse. Cette impression est heureusement compensée par un assemblage interne plus sérieux. Plusieurs couches de mousse, un montage semi-suspendu et des stabilisateurs correctement maîtrisés limitent les vibrations parasites. La frappe produit un son relativement mat, sans résonance métallique désagréable. Le clavier ne possède pas tout à fait la souplesse d’un modèle custom soigneusement assemblé, mais il évite le bruit creux que l’on rencontre encore sur certains produits gaming haut de gamme.
Les switches mécaniques proposés de série existent en versions tactiles ou linéaires. Les premiers fournissent un point de résistance perceptible, tandis que les seconds descendent de manière plus régulière. Dans les deux cas, la frappe se montre confortable et suffisamment précise pour écrire durant plusieurs heures. La sensation reste un peu plus sage que sur les meilleurs claviers spécialisés, mais le G512 X ne commet aucune faute majeure dans cet exercice. Il se montre même plus agréable que prévu pour un périphérique dont la fiche technique parle surtout de fréquence, de capteurs et de temps de réponse. Le clavier est entièrement filaire et se connecte en USB-C. Ce choix garantit une connexion stable et cohérente avec sa fréquence d’interrogation élevée, mais l’absence de Bluetooth ou de liaison radio se remarque à ce niveau de prix. Logitech maîtrise pourtant parfaitement les périphériques sans fil à faible latence.
Le câble amovible facilite le rangement, mais il ne suffit pas à faire oublier qu’un clavier vendu plus de 200 euros reste attaché au PC, comme le disait Aznavour : « en des temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître ». Le repose-poignets est lui aussi vendu séparément. Il n’est pas indispensable grâce à la hauteur raisonnable de la façade, mais son absence dans la boîte manque d’élégance. Les pieds fournis permettent de modifier l’inclinaison et possèdent toutefois une fonction cachée assez maligne. Ils servent également d’outils pour retirer les capuchons et les switches. Leur efficacité reste inférieure à celle d’une vraie pince, mais l’idée correspond bien à la philosophie du produit.
Le véritable intérêt du G512 X se trouve sous ses touches. Trente-neuf emplacements intègrent des capteurs TMR et peuvent recevoir aussi bien des switches mécaniques standards à trois ou cinq broches que des switches analogiques magnétiques compatibles. Ces emplacements sont surtout répartis sur la partie gauche du clavier, autour des touches habituellement utilisées dans les jeux. Les flèches directionnelles font également partie de la sélection. Logitech fournit neuf switches analogiques Gateron KS-20. Ils sont rangés dans un compartiment transparent situé à l’arrière du clavier, accompagnés de cinq petits anneaux en silicone. Le G512 X possède donc trente-neuf emplacements adaptés à cette technologie, mais seulement neuf switches analogiques dans la boîte.
Le calcul est assez simple et légèrement agaçant : il faudra acheter des switches supplémentaires pour exploiter toutes les possibilités offertes par le circuit imprimé. Les Gateron KS-20 offrent une course fluide et permettent de personnaliser précisément leur point d’activation dans G Hub. La plage annoncée s’étend de 0,1 à 4 mm. Une activation très courte rend les commandes extrêmement sensibles, mais elle augmente également le risque de déclencher une action en effleurant une touche. Un réglage compris autour de 0,5 ou 1 mm constitue généralement un meilleur compromis entre vitesse et contrôle.
La fréquence d’interrogation atteint 8 000 Hz, soit un rapport envoyé toutes les 0,125 milliseconde. La différence avec un bon clavier fonctionnant à 1 000 Hz reste difficile à percevoir sans équipement de mesure, d’autant que l’écran, le jeu et le système ajoutent leurs propres délais. Elle garantit néanmoins que le clavier ne constitue pas le maillon lent de la chaîne. G Hub centralise les points d’activation, le Rapid Trigger, les doubles commandes, la priorité directionnelle, l’éclairage et la réaffectation des touches. Le logiciel est plutôt clair au regard du nombre de réglages disponibles. Les fonctions les plus avancées réclament toutefois quelques minutes d’expérimentation. Il faut comprendre la différence entre le point d’activation, le point de réinitialisation et la seconde commande avant d’obtenir une configuration vraiment cohérente.
Cette richesse constitue à la fois la force et le principal défaut du G512 X. Une fois réglé, le clavier répond avec une précision remarquable. Sorti de sa boîte, il se comporte comme un bon clavier mécanique, mais ne démontre pas immédiatement pourquoi il coûte aussi cher. Pour profiter de son potentiel, il faut retirer des touches, remplacer des switches, lancer une détection, ouvrir G Hub et ajuster chaque commande importante. L’opération reste simple, mais elle demande davantage d’implication que le branchement d’un modèle analogique déjà entièrement équipé.
Le Logitech G512 X ne simplifie pas vraiment le monde des claviers gaming, mais il l’enrichit d’une solution hybride particulièrement convaincante. Ses performances analogiques, sa frappe mécanique, son logiciel complet et ses rangements intégrés forment un ensemble intelligent. Son prix élevé, sa construction plastique et le nombre limité de switches fournis empêchent cependant cette belle expérience de devenir une évidence absolue.