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Test du SteelSeries Arctis Nova Pro Omni
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SteelSeries avait déjà un sacré client avec l’Arctis Nova Pro Wireless, et plutôt que de tout casser, la marque a donc sorti le tournevis, changé ce qui devait l’être et ajouté une couche de polyvalence bienvenue.
Vous allez rigoler mais l’Arctis Nova Pro Omni ne fait pas vraiment nouveau riche. Pour un casque vendu dans la catégorie premium, il évite les excès habituels du périphérique gaming puisque le design reste sobre, propre, assez adulte, avec ce petit côté SteelSeries bien installé depuis des années. La construction privilégie un mélange de plastique costaud, d’arceau suspendu et de coussinets généreux. On pourra toujours regretter que le Nova Elite conserve des matériaux plus luxueux, mais l’Omni n’a jamais l’air bon marché en main. Il pèse son statut, dans tous les sens du terme. Les oreillettes enveloppent bien, le bandeau répartit correctement la pression, et les longues sessions passent avec un confort globalement excellent. Les coussinets en similicuir peuvent tenir chaud quand la pièce devient un peu hostile en été, mais ce n’est pas le genre de défaut qui compromet le ressenti.
Le vrai sujet, évidemment, c’est la base GameHub. SteelSeries aurait pu se contenter d’un dongle USB et d’une application. À la place, le constructeur propose un petit boîtier de contrôle qui devient le centre nerveux du casque. On y branche plusieurs machines, on jongle avec les sources, on ajuste les volumes, on bidouille l’égalisation et on passe d’un usage à l’autre rapidement. L’OmniPlay permet de connecter plusieurs appareils et de mélanger jusqu’à quatre flux audio en simultané et devient très vite le genre de confort dont on a du mal à se passer.
Dans un setup moderne, l’utilisation du casque est sublimée. PC, console, téléphone, Switch, tablette, tout peut cohabiter sans provoquer la fatigue technique qui accompagne souvent les périphériques haut de gamme. Recevoir un appel en Bluetooth tout en gardant le son du jeu, écouter un podcast depuis le téléphone pendant qu’un téléchargement console se termine, gérer Discord et le jeu sans bricolage, tout cela se fait avec une fluidité appréciable.
SteelSeries a aussi gardé l’idée la plus maligne de sa lignée premium, à savoir les batteries amovibles. L’Omni fonctionne avec deux batteries, une dans le casque, l’autre qui recharge dans la base. Quand l’une rend les armes, on la remplace en quelques secondes. Le casque s’éteint lors de l’échange, contrairement à certains modèles plus onéreux qui gèrent la transition avec davantage d’élégance, mais le principe reste royal. Les mesures varient selon les usages, avec environ 30 heures en conditions réelles et un peu moins avec réduction de bruit activée, ce qui reste très confortable puisque la seconde batterie attend déjà son tour.
Le logiciel SteelSeries GG, accompagné de Sonar sur PC, continue de faire partie des grands arguments de la marque. On peut trouver l’écosystème un peu chargé au départ, surtout si l’on veut juste poser le casque et jouer, mais il devient rapidement puissant. Profils d’égalisation, spatialisation, réglage du micro, réduction de bruit assistée par IA, balance jeu et chat, tout est là. Sur console, l’expérience dépend davantage de la base et des réglages embarqués, mais l’ensemble reste plus riche que la moyenne.
Côté son, l’Arctis Nova Pro Omni propose des transducteurs de 40 mm qui livrent une restitution précise, détaillée, assez ample, avec une belle tenue dans les scènes chargées. Les explosions ont du corps, les dialogues restent lisibles et les petits indices sonores ne disparaissent pas sous un tapis de graves artificiels. Dans un FPS compétitif, les pas et directions ressortent proprement. Dans un RPG, l’ambiance respire. Dans un jeu narratif, les voix gardent une proximité agréable. Le support Hi-Res en 24 bits et 96 kHz sur PC via la connexion 2,4 GHz apporte aussi un petit supplément de crédibilité, même si tout le monde ne l’exploitera pas de la même manière. Sur consoles actuelles, le gain est plus limité, et il ne faut pas s’attendre à une révélation mystique en lançant le premier jeu venu. En revanche, sur PC, avec des fichiers de qualité ou des jeux dont le mixage audio mérite un peu de respect, l’Omni montre une vraie finesse.
La scène sonore est large pour un casque fermé, avec une bonne séparation des couches. Les graves sont fermes, présents sans devenir envahissants. Les médiums gardent de la matière, ce qui évite aux voix de sonner creux. Les aigus montent correctement, même si certaines égalisations peuvent les rendre un peu insistants. Heureusement, SteelSeries donne de quoi corriger tout cela rapidement. L’intérêt du casque n’est pas seulement d’avoir un bon son sorti de boîte, mais de pouvoir l’adapter à chaque usage.
La réduction de bruit active progresse clairement par rapport aux précédents modèles de la gamme. Elle n’égale pas les meilleurs casques nomades de Sony ou Bose, mais elle coupe suffisamment les ventilateurs, les bruits de fond et une partie des nuisances domestiques pour renforcer l’immersion. Dans un bureau vivant ou une pièce partagée, c’est appréciable. Le mode transparence fait également le travail quand il faut entendre ce qui se passe autour sans retirer le casque. Là encore, l’Omni ne prétend pas remplacer un casque de voyage pur jus, mais il devient un excellent compagnon hybride. Le micro ClearCast Pro mérite aussi qu’on s’y arrête. Il est rétractable, bien intégré, et surtout beaucoup plus convaincant que ce que l’on trouve encore trop souvent sur des casques sans fil très chers. La voix ressort clairement, avec une bonne intelligibilité, et la réduction de bruit assistée par IA nettoie efficacement les sons parasites dans Discord ou en chat vocal.
Il reste quelques irritants, parce qu’un produit premium adore souvent cacher ses petites mesquineries dans les coins. Le prix, d’abord, pique franchement. L’Omni coûte cher, et son intérêt diminue si l’on joue uniquement sur une seule machine. Pour un joueur PC seul, un excellent casque moins sophistiqué peut suffire. Pour quelqu’un qui alterne entre PC, PlayStation, Xbox, mobile et parfois Switch, l’addition commence déjà à mieux se défendre. Autre limite, la richesse fonctionnelle peut intimider. Le GameHub, Sonar, les profils, les mélanges de sources et les réglages audio composent un ensemble puissant, mais pas totalement immédiat. SteelSeries a fait des efforts d’ergonomie, mais il faut accepter de passer un peu de temps dans les menus pour tirer le meilleur du casque. Les plus impatients pourront trouver cela un peu trop dense, tandis que les utilisateurs pointilleux y verront exactement l’inverse, à savoir un terrain de jeu bien fichu.
L’Arctis Nova Pro Omni est un casque premium qui assume très bien son statut de produit hors budget. Il ne se contente pas d’améliorer l’ancien Nova Pro Wireless, il pousse surtout l’idée du casque central pour tout le setup avec une aisance remarquable. Son, confort, micro, autonomie, connectivité et contrôle forment un ensemble très solide. Le tarif reste raide (399€), mais pour les joueurs multi-plateformes exigeants, SteelSeries signe ici une référence difficile à bousculer.