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Keychron G3 est une souris de 44g mélangeant ABS et fibre de carbone sur la coque supérieure et les boutons principaux, quand la version Frosted Gray préfère un polycarbonate translucide plus classique, mais moins cher. Dans les deux cas, l’idée est claire : retirer tout ce qui peut l’être sans fragiliser l’ensemble et donner cet aspect trop « jouet » au périphérique. La
G3 garde une bonne rigidité, un toucher légèrement texturé et une coque qui ne craque pas au moindre appui un peu appuyé. Ce n’est pas la souris la plus luxueuse du marché, mais la version carbone donne quand même un petit côté objet de sport mécanique.
La forme est symétrique, mais pas vraiment ambidextre au sens complet du terme. On parle ici d’une silhouette pensée pour les droitiers, avec deux boutons latéraux à gauche et une bosse reculée qui favorise surtout la prise en claw grip. Les grandes mains y trouveront un soutien plus naturel que sur certaines concurrentes plus fines, tandis que les adeptes du fingertip pur pourront la trouver un peu large. C’est probablement son principal filtre. La G3 n’essaie pas de plaire à tout le monde, elle vise ceux qui aiment une souris légère mais avec un dos bien présent sous la paume.
Sous la coque, la G3 embarque un capteur PixArt 3950, une plage de 100 à 30000 DPI, jusqu’à 750 IPS et un polling rate de 8000 Hz en 2,4 GHz comme en filaire. Dans les faits, le capteur suit proprement, sans décrochage notable, avec une latence de clic et de capteur jugée excellente dans les mesures disponibles. Pour du FPS nerveux, c’est exactement ce que l’on demande, surtout avec un poids aussi bas qui rend les micro-ajustements très faciles. Sur le bureau comme en jeu, la G3 a ce comportement assez agréable des bonnes souris modernes : elle disparaît. On ne lutte pas contre l’inertie, on ne compense pas un capteur paresseux, tout y est vraiment fluide. Les switchs Huano, donnés pour 120 millions de clics, offrent un retour net sans tomber dans la raideur. La molette reste correcte, précise, mais elle ne fait pas de miracle côté productivité. Pas de défilement libre, pas d’inclinaison gauche droite, pas de seconde molette pour singer une MX Master.
Le sans-fil ne donne pas non plus l’impression d’être l’option au rabais. En 2,4 GHz, la G3 peut monter jusqu’au 8K avec plusieurs paliers, tandis que le Bluetooth 5.3 dépanne pour un portable ou une machine secondaire. Le mode USB-C reste évidemment disponible, et la souris fonctionne pendant la charge. Le logiciel passe par Keychron Launcher, une application web qui évite l’installation d’un énième programme résident. On y règle les DPI, le polling rate, la distance de décrochage, les macros et les profils embarqués. L’autonomie dépendra beaucoup du type d’utilisation, notamment concernant le polling rate. Keychron annonce jusqu’à 37 heures en 8K 2,4 GHz, 140 heures en 1K 2,4 GHz et 160 heures en Bluetooth. Autrement dit, le 8K reste un luxe énergivore, utile surtout pour les écrans très rapides et les joueurs capables de sentir la différence (soit 0,000001% des joueurs). En usage plus raisonnable, la G3 tient largement la route, d’autant que son câble USB-C permet de repartir vite. Ce n’est pas la reine increvable de la batterie, mais elle donne suffisamment de mou pour restez serein.
Malgré une concurrence assez féroce, la G3 a toutefois pour elle un mélange assez malin de forme rassurante, specs très hautes et matériaux un peu plus nobles sur la version carbone. Reste la question du prix. La version Frosted Gray démarre à 84,99 euros, tandis que la version noire carbone grimpe à 109,99 euros. Elle se place dans un segment sérieux, mais pas délirant pour une souris 8K avec PAW3950 et construction légère. La version translucide semble être le meilleur rapport équipement prix, tandis que la carbone parle davantage aux amateurs de beaux matériaux ou de périphériques qui sortent un peu du moule.
Les limites existent pourtant. La largeur peut gêner les petites mains, les joueurs très fingertip ou ceux qui veulent une souris plus plate. Les boutons latéraux restent classiques, donc les amateurs de MMO devront regarder ailleurs. Le Bluetooth est pratique, mais il ne transforme pas la G3 en souris de productivité avancée avec bascule multi-appareils ultra poussée. Enfin, le 8K est un argument sympathique, mais pas magique. Sur un écran 60 Hz et avec un jeu tranquille, il ne changera pas grand chose. La G3 est excellente parce que tout le reste suit, pas uniquement parce que la fiche technique affiche un gros chiffre.